La typologie des accidents de plongée

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La typologie

des accidents de plongée

Caque année en France, 300 à 400 plongeurs sont hospitalisés pour oxygénothérapie hyperbare (caisson) suite à un accident de décompression (ADD), ou à but préventif lorsqu’ils ont été exposés à un risque comme la remontée rapide d’une plongée profonde, ou la rupture de palier (15% des cas). La majorité survient sur la côte méditerranéenne principalement l’été, avec des pics en mai (reprise de la plongée, formation…), en juillet-aout (pic de fréquentation) et en septembre (fin de saison). Pour l’essentiel, ils sont neurologiques avec un pronostic très moyen con­cernant les accidents médullaires, car laissant des séquelles dans 27% des cas traités dans les 3h en caisson hyperbare, 61% après 6h. Ce sont les plus fré­quents:40 à 45% des cas traités. Sui­vent les accidents vestibulaires de décompression (30%) qui se traduisent pas des vertiges intenses, accentués par les mouvements de la tête, dont la récupération est complète en général, mais très longue. Traités 9fois sur 10 sans séquelles, les cérébraux représentent 11% des ADD. S’ajoutent les douleurs articulaires (bends) dans 8% des cas, et les signes cutanés en nombre sousestimé au vu de leur caractère bénin qui n’alerte pas forcément le plongeur.

Au sortir de la plongée, le délai de survenue des signes inauguraux de l’accident de décompression est:

<10min dans 50% des cas, parfois immédiatement à la sortie de l’eau en cas d’aéroembolie cérébrale (AVC) par surpression pulmonaire, ainsi que dans la majorité des ADD cérébraux avec parfois les premiers signes au(x) palier(s);

<15min dans60%;

<1h dans85%;

de quelques heures dans 15%, rarement au-delà de 3h;

de 30 à 40min pour les signes cutanés dans la moitié des cas;

Jusqu’à deux heures et demie pour certains bends au lieu de 15min générale­ment.

Les barotraumatismes de la sphère ORL (oreille et sinus) représentent, en réalité, la majorité des accidents. La surpression pulmonaire qui expose au risque d’AVC dans 18% des cas, par aéroembolie cérébrale, représente moins de 5% des accidents, 1 à 2% sous sa forme la plus grave. Environ 10% sont causés par l’œdème pulmonaire.

En général, les symptômes neurologiques (par exemple, le mal de tête, l’épuisement, l’engourdissement de membres, le ressenti de picotements, crampes, tremblements, douleurs, etc.) restent quasistables durant les trois premières heures, puis augmentent de façon exponentielle vers un tableau clinique plus sévère largement dominé par le déficit moteur et les troubles sensitifs. Sans oublier la survenue retardée (jusqu’à une vingtaine d’heures) des symptômes qui peuvent aggraver le tableau clinique initial d’un ADD médullaire, même précocement traité (oxygénothérapie hyperbare), tels que les troubles recto-anaux responsables d’une constipation sévère, et vésico-sphinctériens qui marquent l’impossibilité de commander l’ouverture du robi­net pour uriner malgré l’envie, entrainant des fuites par la pression du tropplein vésical qui force son ouverture.

Les attaques cardiaques
premières causes de mortalité

L’accident cardiaque est la première cause de mortalité en plongée: environ une dizaine cha­que année en France.

Sur le nombre de décès, qui touchent en majorité des hommes de 55ans en moyenne, il s’avère que la majorité se révèle provoquée par des pathologies cardiaques n’ayant pas été détectées lors de la consultation pour la délivrance du certificat médical d’aptitude à la plongée. Car sans facteur de risque cardiovasculaire (tabagisme, hypertension, obésité1, cholestérol, diabète, +55ans, sé­dentarité, antécédents familiaux pro­ches), le médecin n’a pas lieu de demander au cardiologue de réaliser un électrocardiogramme ECG pour détecter certaines anomalies cardiaques. Ainsi qu’une épreuve d’effort (pas le test de Ruffier qui est seulement un moyen de mesurer sa condition physique) pour dépister une insuffisance coronarienne ou un trouble du rythme risquant d’être fatal en plongée.

Pourquoi une majoration du risque d’accident cardiaque en plongée? Parce que notre cœur doit combattre avec force la vasoconstriction, frein à la circulation sanguine, liée au froid, au stress de la plongée, et à l’hyperoxie avec la profondeur (PO2) de façon à limiter la pression tissulaire en oxygène (protection con­tre la toxicité de l’O2). Cela lui demande un travail important pour maintenir un débit sanguin suffisant et l’augmenter lors de l’effort de palmage à contrecourant, l’ennemi invisible; ennemi car il augmente le risque de défaillance cardiaque (mort subite) chez les personnes au cœur fragilisé ou victimes d’une pathologie coronarienne totalement ignorée.

L’hypertension non ou mal traitée
premier facteur de risque mortel

L’hypertension (HTA) non ou mal traitée est le premier facteur de risque d’accident mortel en plongée, car majorant trop la pression sanguine (tension) à l’immersion qui fragilise le cœur soumis à une charge plus importante, ainsi que la barrière alvéolocapillaire des poumons qui risque de céder: c’est l’œdème pulmonaire (OPI); une hypertension majorée non par la pression de l’eau sur le corps, mais par les effets vasoconstricteurs conjugués du froid et de l’hyperoxie avec la profondeur. L’adaptation à l’effort est aussi affectée par l’hypertension (essoufflement plus rapide), et peut être altérée par le traitement sous bêtabloquant. D’où le certificat médical délivré sous réserve d’un contrôle de la capacité d’adap­tation à l’effort chez les plongeurs sous bêtabloquant.

Les valeurs de référence doivent être inférieures à 140 /90mmHg (14 /9)2. Audelà, mais sans dépasser les limites du raisonnable de 16 /10, la plongée reste autorisée sous obli­gation conditionnelle de ne pas plonger en eau froide, à plus de 30m pour limiter les bulles à la décompression qui renforcent l’effet hypertensif favorable à l’œdème pulmonaire, et qu’à l’air (surtout pas Nitrox qui augmente les résistances artérielles) comme il est normalement spécifié sur le certificat délivré aux plongeurs. En revanche, les cas d’hypertension sévère ou modérée (tension > 16 /10) sont une contreindication absolue à la plongée car ils constituent véritablement un danger. Et nécessitent un traitement adapté car, si elle n’est pas une maladie en soi, hypertension élevée est facteur de risque de complications au niveau du cœur (infarctus, insuffisance car­diaque), du cerveau (accident vasculaire cérébral) et du rein (insuffisance rénale)

F.RENÉ

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1.On parle d’obésité quand l’Indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 30.

2.Les valeurs exprimées en mm ou cm de mercure (non en bar ou pascal) correspondent à une valeur maximale (systolique) à chaque contraction du cœur, et minimale (diastolique) quand il se relâche entre chacune d’elle, formant une onde de pression qui varie avec le rythme cardiaque qui ralentit de 25 à 30% quand on s’immerge.

  • Article mis à jour le 02/10/2018
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