Révision des détendeurs

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Révision des détendeurs

et contrôle de leur sensibilité

À la différence des blocs, les détendeurs ne font l’objet d’au­cune obligation de con­trôle, de fréquence d’entretien ni de compétence (de qualification) pour les réaliser. Cela permet à n’importe quel magasin de pouvoir proposer le service de révisionle changement des pièces d’usure, nettoyage et réglage du détendeur qu’il vous a vendu, qu’il préconise d’effectuer tous les ans, ou toutes les 100 plongées en cas de fréquence d’utilisation importante, avec les résultats que nous connaissons à défaut d’être réalisé par une main experte avec l’outillage adapté, ou par un soustraitant spécialisé. Et ce, à la différence des rares magasins ayant bien un atelier SAV agréé par les mar­ques, pas seulement l’éti­quette trompeuse de revendeur agréé.

Le Code du sport (art.A322‑81) qui demande simplement que les détendeurs des clubs soient régulièrement vérifiés et correctement entretenus laisse le champ libre à toute interprétation. À défaut d’une clause de révision obligatoire, de périodicité de sa mise en œuvre et de fixer les compétences de la personne chargée de l’entretien, beaucoup s’en réfèrent aux marques qui, dans un intérêt commercial, militent pour que leurs détendeurs soient entretenus chaque année par un revendeur agréé alors que rien ne justifie cette fréquence d’entretien avec changement des pièces d’usure et nettoyage, excepté pour les détendeurs fréquemment utilisés. idem concernant les flexibles à changer tous les 5ans selon les marques, alors que leur durée de vie (les signes d’usure) dépend tout aussi fortement des conditions et de la fréquence des plongées. Pour vous donner un ordre d’idée, sachez que la visite d’entretien d’un détendeur n’est réellement recommandée que toutes les 200h d’utilisation (environ 300 plongées), bien loin de l’idée qui faille absolument les réviser chaque année quand on plonge peu souvent. Entre 25 et 100 plongées par an, il faut généralement compter une révision tous les trois ans seulement.

Contrôle d’entretien seulement
en cas d’expertise suite à un accident

À la différence des blocs qui comptent parmi les éléments contrôlés à bord des bateaux afin de vérifier leur marquage de requalification tous les cinq ans, l’entretien des détendeurs n’est soumis à aucun contrôle des autorités. Leur inspection (expertise) n’est ordonnée par le magistrat, pour les nécessités de l’enquête ou de l’information judiciaire, seulement dans le cas où leur défail­lance serait à l’origine d’un accident selon le PV d’enquête préliminaire établi par les services de la gendarmerie, afin d’en déterminer les causes: la défectuosité par manque d’entretien, des pièces non d’origine ou mal montées lors de la révision, le défaut de réglage en sortie de révision… qui engage la responsabilité du club ou de l’atelier de révision, en retenant com­me éléments d’appréciation les:

factures de révision. Pour information, comp­tez environ 40 pour un simple détendeur club, sinon 60 à 80 selon le modèle;

factures des kits d’entretien1 qui ont été commandés pour la révision et le nettoyage2 des détendeurs du club par les personnes qui s’estiment suffisamment compétentes pour le faire ellesmêmes, et consignées dans un registre d’entretien mentionnant les opérations réalisées sur chacun (le modèle et n° de série) et la date.

Souvent simple problème de réglage

Qui ne s’est jamais plaint du réglage trop sensible d’un détendeur en retour de révision qui fuse de manière intempestive quand il n’est pas en bouche? De quoi pester lorsque le seul moyen de corriger ce problème est de le ramener au magasin. Comment peutil en être autrement quand on nous explique le fonctionnement des détendeurs aidé de schémas, d’éclatés et de planches… toujours en cours magistral, sans jamais démontage?! pour entrer dans le détail de fonctionnement du détendeur, montrer les piè­ces d’usure qui se changent lors de sa révision, et voir comment se règle un modèle club pour nous encourager à le faire nousmêmes en cas de besoin (détendeur trop dur ou qui fuse). D’autant mieux qu’une clé à pipe de 5,5 suffit généralement pour cela, simplement en desser­rant /resserrant l’écrou frein du levier de son 2e étage. La seule différence est que nos détendeurs nécessitent sou­vent un outil spécifique s’insérant dans l’axe du bouton de réglage de leur sensibilité, ou dans le raccord du flexible MP (achat en ligne, environ 27). Mais principe reste le même, à savoir: ajouter 1/12e de tour (l’équivalant de 1h sur une montre à aiguilles, à peine plus) pour corriger le réglage d’un détendeur trop sensible, tout en appuyant en même temps sur le levier pour ne pas marquer le siège. Souvent par retouches successives si le test nous indique qu’il faut serrer un peu plus, ou le contraire.

Test simplié

Il est bien prétentieux de s’estimer capable de vérifier la sensibilité en respirant sur l’embout car trop subjectif pour être acceptable. Trop dur, trop sensible? Le ressenti personnel est à bannir pour estimer le besoin de réajuster le réglage d’un détendeur. La méthode impa­rable? Un récipient rempli d’eau dans lequel on immerge doucement le 2e étage, l’embout vers le haut, sans faire entrer d’eau: il doit commencer à fuser seulement quand on l’enfonce de quelques centimètres, et s’arrêter dès que l’eau pénètre dans l’embout quand il est correctement réglé.

La profondeur à laquelle il commence à fuser donne une idée de la sensibilité d’un détendeur et de ses performances en devant fuser amplement avant que l’eau n’atteigne le niveau de l’embout. Pour autant, la méthode n’indique pas si le débit est correct. Cela reste à l’ap­préciation de chacun à défaut de passage au banc de contrôle d’un atelier pour les tests après révision.

Diagnostics

L’encrassement du filtre HP ou le dérèglage du 1er étage (moyenne pression trop faible) sont généralement la cause d’un débit insuffisant quand nous ne parvenons pas à régler correctement un 2e étage qui reste trop dur. Lorsque le 1er étage possède un réglage de moyenne pres­sion (MP), un manomètre MP (20) monté sur l’embout direct system d’un flexible MP, sert à son contrôle et à le réajuster au besoin: entre 8 et 10bar à ± 0,5bar selon les spécifications techniques du fabricant.

S’il fuse après la mise sous pression (l’ouverture du bloc), c’est soit un problème de clapet usé au 1er et /ou 2e étage, qu’il suffit de remplacer pour que tout rentre dans l’ordre (non réduire la mo­yenne pression comme on serait tenté de le faire), soit de dérèglage du 2e étage, ou trop de MP. Aussi, le risque d’une MP trop élevée est un détendeur instable sans pour autant donner plus d’air n’en déplaise à ceux qui croient bon jouer sur son réglage à l’idée d’améliorer ainsi les performances de leur détendeur

F.RENÉ

_________

1.Kits spécifiques à chaque modèle comprenant toutes les pièces d’usure à changer sur le 1er et 2e étage d’un détendeur : joints, filtre HP, clapets, membrane…

2.Passage des pièces métalliques au bac à ultrasons, ou trempage dans du vinaigre blanc chaud pour nettoyer les dépôts de sel et de calcaire qui, sinon, finissent par gripper le mécanisme.

  • Article mis à jour le 07/12/2017
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    2 commentaires

    1. Trés bon article merci

    2. Article qui ne correspond pas la réalité. Beaucoup de parti pris par méconnaissance de ce métier que je pratique depuis 10 ans avec des formations tout les 2 ans chez chaque fabriquant. Ne jamais oublier que la vie d’un plongeur est au bout du flexible et cela ne supporte pas l’erreur

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