Révision de nos détendeurs

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Entretien et révision

des détendeurs personnels

LES détendeurs personnels ne sont pas visés par les dispositions sur les Équipements de protection in­dividuelle (EPI) obligeant leur conformité aux normes en vigueur (leur marquage CE), et un suivi d’entretien à travers une fiche de gestion comme les détendeurs des clubs (professionnels ou associations) qui sont mis à disposition des pratiquants et des encadrants; clubs qui sont tenus de se conformer aux modalités de leur entretien et de révision (par qui et tous les combien) suivant les instructions figurant sur la notice du fabri­cant exigées par le Code du travail (art. 2 de l’arrêté du 22 octobre 2009). Car lorsqu’un club met à disposition de ses clients, encadrants ou ses membres des détendeurs, il tombe sous le coup du Code du sport qui considère que ce matériel doit obéir aux mêmes règles prévues par le Code du travail pour les EPI (art.R 322‑27). À la différence, le plongeur n’a aucune obligation de fréquence d’entretien de ses détendeurs (son principal et l’octopus), ni l’exi­gence d’un centre ou d’un technicien agréé par les marques pour leur révision à l’expiration de leur période de garantie. Il peut en confier le soin à toute personne disposant d’une compéten­ce suffisante, de la documentation (la fiche technique du modèle avec schémas de mon­tage /démontage et les réglages) et d’un outillage adapté, car certains outils spécifiques aux détendeurs d’une marque.

En quoi consiste une révision ?

La révision consiste au démontage complet du détenteur pour un nettoyage de ses pièces et le changement des joints, du filtre, des clapets, etc.; pièces que l’on remonte après avoir lubrifié les joints avec une graisse spécifique (silicone ou compatible O2 pur). Ensuite vient le réassemblage du détendeur puis son réglage. Toutes les pièces à remplacer sur les 1er et 2e étage lors d’une révision (les joints toriques, le filtre HP avec son circlip, les clapets, la membrane avec sa rondelle d’étanchéité en téflon si détendeur à membrane, l’écrou frein à bague nylon sur certains 2e étage, etc.) sont fournies par les fabricants sous forme de kit d’entretien (sachet de pièces de rechange) spécifique à cha­que modèle version étrier ou DIN, achetable sur internet. Le nettoyage des pièces métalliques dans un bac à ultrasons, ou par trempage dans du vinaigre blanc chaud et que l’on frotte avec une brosse à dents, après dégraissage à la lessive StMarc par exemple, est important pour les détartrer et éliminer les dépôts de sel qui, sinon, finissent par gripper les mécanismes.

Un contrôle annuel ?

À défaut d’une clause de révision obligatoire des détendeurs personnels, beaucoup s’en réfèrent aux fabricants qui, dans l’intérêt de leurs revendeurs pour le SAV, militent pour qu’ils soient révisés au moins chaque année –excepté Scubapro: au plus tard tous les 2ans ou tou­tes les 100plongées par un cen­tre ou un personnel agréé alors que rien ne justifie une révision annuelle, sauf en cas d’utilisation fréquente com­me généralement les détendeurs des clubs avec les baptêmes et leur prêt aux plongeurs débutants. Idem concernant les fle­xibles que certains préconisent de remplacer tous les 5ans alors que leur durée de vie (les signes d’usure) dépend tout aussi fortement des conditions d’utilisation et de la fréquence des plongées.

La visite d’entretien d’un détendeur ne se justifie vraiment que toutes les 100 à 200h d’utilisation, bien loin de l’idée qui faille absolument les réviser chaque année quand on plonge peu sou­vent. À moins de cinquante plongées par an, il faut généralement compter une révision tous les trois ans seulement. Toutes les cent cinquante plongées autrement. Libre à chacun d’en estimer le besoin, mais attention au risque défaillance de son détendeur due à un mauvais entretien ou un défaut de réparation qui pourrait entrainer un accident dans le cadre d’une assistance d’air. Nous serions tenus responsables au titre de la responsabilité civile, tandis que sur le plan pénal, la responsabilité du club, en tant que personne morale, serait mise en cause faute d’avoir vérifié l’état de notre matériel comme l’exige l’art.A 322‑81.

La plupart des magasins qui proposent le service de révision n’intègrent pas l’atelier SAV nécessaire, mais passent par un soustraitant spécialisé dans le SAV du matériel de plongée, agréé pour la requalification des bouteilles de plongée et la révision des détendeurs. Comptez environ 50 pour un simple détendeur club (10 au tarif club à partir de dix détendeurs), sinon 60 à 75 selon le modèle non compensé ou compensé. Environ 20 pour un octopus.

Attention au réglage

Qui ne s’est jamais plaint du réglage beaucoup trop sensible du détendeur en retour de révision qui peut partir en débit continu quand il n’est pas en bouche? De quoi pester quand on nous conseille de le ramener au magasin faute de savoir régler soimême le problème, ou de trouver la personne qui en soit capable au sein d’un club. Com­ment peutil en être autrement quand on enseigne aux futurs encadrants de plongée le fonctionnement des détendeurs aidé de schémas, d’éclatés et de planches… toujours en cours magistral sans aucun matériel démonté?! pour l’examen des pièces et voir les réglages de la MP, du siège réglable /clapet du 2e étage, et de la hauteur du levier. Ne seraitce pour étudier la conception des détendeurs clubs qui sont les modèles les plus simples et très facile à démonter, pour montrer les pièces qui se changent lors de leur révision, expliquer les raisons, et voir comment durcir leur réglage quand ils fusent trop facilement ou, au contraire, pour accroitre leur sensibilité quand le seuil d’ouverture semble réglé trop dur à l’inspiration. Et d’autant plus facilement qu’une clé à pipe de 5,5 suffit généralement pour régler ces détendeurs: simplement en desserrant /resserrant l’écrou frein du levier de leur 2e étage, sans forcément démonter le capot et la membrane (via un obturateur à dévisser /déclipser sur le côté).

La seule différence est que nos détendeurs nécessitent généralement un outil spécifique –en vente sur les sites spécialisés comme scubatools.com ou scuba-clinic-tools.com qui s’insè­re dans l’axe de leur molette latérale de sensibilité pour modifier sa plage de ré­glage, ou dans le raccord du flexible MP, suivant les instructions de la fiche technique du fabricant, accessible sur internet, pour la maintenance et le réglage de ses détendeurs (www.scubaservicemanuals.com, par exemple). Mais le prin­cipe reste le même, à savoir: serrer ou desserrer d’environ 1/12e de tour le siège régla­ble /clapet pour corriger un défaut de réglage de sensibilité d’un détendeur. Souvent, on procède par retouches successives pour arriver au réglage optimum en réalisant plusieurs essais.



Vérification dans une bassine d’eau

Il est bien prétentieux de s’estimer capable de tester la sensibilité en respirant sur l’embout, car trop subjectif pour être acceptable. Trop dur, trop sensible? Le ressenti personnel est à bannir pour estimer le besoin de réajuster son réglage. La méthode impa­rable? Un récipient rempli d’eau dans lequel on immerge doucement le 2e étage, l’embout vers le haut, sans faire entrer d’eau. Si le réglage est correct, il doit commencer à fuser quand on l’enfonce de quelques centimètres dans l’eau, et s’arrêter dès que l’eau pénètre dans l’embout. La profondeur de 3 à 5cm à laquelle il commence à fuser donne une idée de la sensibilité d’un détendeur. Pour autant, la méthode n’indique pas si le débit est correct. Cela reste à l’ap­préciation de chacun à défaut de réglage sur un banc mécanique, et du passage au banc test Ansti automatique d’un atelier lors d’une révision pour le contrôle des courbes respiratoires de notre détendeur dont les résultats nous sont normalement remis avec le sachet de pièces qui ont été remplacées.

Diagnostic des problèmes

L’usure normale des pièces qui sont à remplacer se manifeste par un certain nombre de problèmes comme la fuite d’air par l’embout difficile à arrêter à l’ouverture de la bouteille ou quelques instants après, l’inspiration qui se durcit, un 2e étage beaucoup moins sensible malgré les réglages ou qui se met en débit continu quand nous l’agitons, une légère fuite d’air au niveau du 1erétage (membrane détériorée et /ou joints usés), ou l’entrée d’eau à l’inspiration à cause de l’embout détérioré ou de la défectuosité de la membrane du 2e étage, de son joint d’étan­chéité ou de la soupape d’expiration.

C’est l’encrassement du filtreHP qui se colmate, des mécanismes provoquant une augmentation des frottements (par le sel, le tartre et la perte de lubrification), ou l’abaissement de la moyenne pression par déréglage du 1er étage (si MP réglable) qui génèrent une résistance à l’ins­piration –par limitation du débit que les réglages du 2e étage ne parvien­nent plus du tout à régler. Il suffit d’utiliser un manomètre MP (environ 20) à connecter sur le flexible DS (Direct system) pour vérifier que la moyenne pression se situe bien entre 9 et 10bar selon les spécifications du fabricant (à précisément 9,5bar sur la plupart des modèles, sauf Seac à 9,9bar et Mares à 10bar), et la réajuster si elle s’écar­te de sa valeur nomi­nale à ± 0,3bar généralement. Elle se con­trôle en veillant à ce qu’elle se stabilise rapidement (de l’ordre de plusieurs secondes) après avoir purgé le détendeur. Si ce n’est pas le cas, c’est un problème de clapet. Attention de bien rester dans les limites de sa plage de réglage car trop de MP rend le détendeur instable.

Si le détendeur fuse quand on ouvre la bouteille, c’est en général un problème d’usure du clapet du 1erétage (marquage circulaire) qui élève la MP forçant l’ouverture du 2eétage; un clapet qu’il suffit de remplacer pour que tout rentrer dans l’ordre, non réduire la moyenne pression (si réglable) comme on serait tenté de le faire pour réparer la fuite d’air. Il peut aussi s’agir d’un problème de réglage du 2eétage et /ou d’usure trop marquée de son clapet quand le détendeur fuse de manière intempestive avant la mise à l’eau, ou de levier réglé un peu trop haut s’il se met en débit continu quand nous l’agitons. Le problème de réglage peut aussi se poser dans le cas d’un octopus neuf monté sur un 1erétage de marque différente, quand il fuse sans arrêt ou qui semble trop dur à l’inspiration, en raison des différences de MP chez certaines marques

F.RENÉ

  • Article mis à jour le 11/10/2019
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    Un commentaire

    1. Trés bon article merci

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