Les “puces” et “moutons” au sortir de la plongée

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Les phénomènes cutanés puces
et moutons… Pas de quoi s’affoler!

Il arrive que le plongeur éprouve des démangeaisons après sa plongée, surtout au niveau du tronc, au pavillon des oreil­les et à l’extrémité du nez où apparaissent des papules prurigineuses (qui grattent) com­me les piqû­res de puces. Elles sont provoquées par le dégazage des tissus de l’épiderme au décours de la plongée, sans obturer de vaisseau, comme cela arrive, sans en cerner les causes. Plus rarement en plongée aux mélanges en raison de l’hélium qui diffuse à travers la peau. Surtout, à ne pas confondre avec les sensations désagréables de fourmillements dans les membres, qu’aux pieds ou dans les mains qui signent à coup sûr le diagnostic d’un accident de décompres­sion.

Des puces, des moutons…

Parfois la réaction cutanée, tout aussi anodine, s’étend sous forme de plaques rougeâtres, comme une brûlure d’ortie, sur le thorax, l’abdomen et ses flancs. Ces manifestations cutanées, plus communément appelées mou­tons, qui surviennent 30 à 40min après la plongée dans la moitié des cas, dans l’heure et demie dans 75%, ne sont pas aussi rares que ne le laissent croire les statistiques, car rarement déclarées. Elles ne concernent pas seulement les plongeurs en étanche. À la connaissance de l’auteur, certains plongeurs, en majorité des fem­mes, en sont même coutumiers, mais chut! pour ne pas susciter l’inquiétude de l’entourage. Il n’y a pas de quoi, en effet, au vu du caractère bénin de ces éruptions cutanées qui disparaissent pres­que aussi spontanément que leur sur­venue: en 1 à 2heures généralement. D’ail­leurs, lorsque les autorités médicales sont alertées, ils n’entrainent aucun traitement en l’absence de signes associés (intense fatigue, fourmillements, engourdissement, sensation d’an­kylose, céphalée, con­fusion avec désorientation tempo­relle) annonciateurs d’un accident de décompression.

Attention !  aux marbrures violacées

Le risque d’accident de décompression sous-jacent est à craindre seulement quand des marbrures violacées, non plus des plaques rougeâtres (les moutons), se dessinent au niveau du tronc, sur les fesses, les cuisses et à la racine des bras, comme ici sur la photo. Car ces signes, connus en dermatologie sous le nom de livedo (du latin lividus, bleuâtre) ou cutis marmorata, ne sont pas si anodins qu’ils semblent paraitre: ce sont des réactions cutanées associées à des évènements vasculaires cérébraux ischémiques qui libèrent des neuropeptides vasoactifs (neurotransmetteurs agissant sur le contrôle de la microcirculation) responsables de ces marbrures12.

Ils sont les signes d’alarme de troubles circulatoires cérébraux qui, au sortir d’une plongée, font craindre la survenue d’un accident de décompression (ADD). Ils justifient la mise sous oxygène (15L/min) de leurs victimes qui ressentent une fatigue importante avec quelques fois des étourdissements ou vertiges, et leur hydratation (1litre d’eau à boire) le temps d’évacuation vers un centre hospitalier avec caisson pour la surveillance clinique ou le traitement OHB (en caisson) en mesure préventive

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1.Tom Kemper, Rienk Rienks, Pieter-Jan van Ooij, Rob van Hulst[. Cutis marmorata in decompression illness may be cerebrally mediated. Diving and Hyperbaric Medicine, 2015.

2.Peter Germonpre, Costantino Balestra, Georges Obeid, Dirk Caers. Cutis marmorata skin decompression sickness is a manifestation of brainstem bubble embolization, not of local skin bubbles. Medical Hypotheses, 2015.

 

 

F.RENÉ
  • Article mis à jour le 11/09/2019
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