Prévenir le danger de syncope en apnée

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Prévenir le danger

de syncope en fin d’apnée

Le risque de syncope liée à une soudaine anoxie cérébrale (manque d’O2) représente le plus grand danger de l’apnée, car sur­venant brutalement, en général sans signe annonciateur, pres­que toujours en fin de remontée au moment où le cerveau, privé d’oxygène, coupe le contact sans prévenir. Parfois dans les 15 à 20s qui suivent le retour en surface, le temps que le sang oxygéné lui parvienne quand on reprend son souffle, aboutissant là aussi à la noyade, sans assistance, par reprise réflexe de la respiration inconscient la tête dans l’eau.

Avec le danger de dépasser ses limites en luttant contre la soif d’air en fin d’apnée, le risque de syncope se doit surtout à l’excès d’hyperventilation préparatoire à l’apnée visant à abaisser la pression artérielle du gaz carbonique (PaCO2) qui retarde l’envie de respirer en apnée, sans pour autant beaucoup accroitre le stockage de l’oxygène de la molécule d’hémoglobine des globules rouges qui en est déjà quasi saturée normalement; un retard qui déclen­che la syncope lorsque la réserve d’oxygène est épuisée avant que la PaCO2 n’atteigne un niveau d’alerte prévenant du besoin de respirer. Car, en apnée, le stimulus chémoréflexe de la respiration est l’élévation du CO2 dans le sang (l’hypercapnie produite par le métabolisme des cellules) qui active les centres respiratoires du bulbe rachidien, non le manque d’oxygène qui ne joue en rien sur l’envie de respirer, contrairement aux idées reçues.

Quand survient-elle ?

Elle survient le plus souvent à l’approche de la surface, dans les dix derniers mètres de remontée, en raison de l’effondrement de la pression artériolaire d’oxygène (PaO2) avec la consommation et la pression ambiante qui chute de moitié dans cette zone de profondeur, créant une hypoxie très rapidement croissante jusqu’à ce que l’O2 parvienne au seuil critique de la syncope. C’est alors que le plongeur perd connaissance et coule par relâchement du tonus musculaire de ses poumons qui se vident en se comprimant sous l’effet de la pression, provoquant un lâcher de bulles signal d’alarme pour le binôme de sécurité qui doit aussitôt intervenir avant que les secousses agoniques ventilatoires (on parle de gasps) n’entrai­nent sa noyade.

La théorie du RENDEZ-VOUS

SYNCOPAL DES 7 m


La théorie du rendezvous syncopal des 7m proposée en 1961 par le DrRaymond Sciarli a rencontré un vif intérêt car expliquant la cause du phénomène de pertes de connaissance survenant généralement en fin de remontée d’une apnée. Pourquoi 7m? Pour faire prendre conscience que la syncope survient le plus souvent dans les derniers mètres de la remontée, la zone la plus dangereuse. En quelque sorte un repère mythique, explique Raymond Sciarli estimant que seuls les imbéciles auront pu croire que ce chiffre s’inscrivait dans la rigueur mathématique.

C’est aussi la noyade assurée lorsque la victime tombe sous le coup de la syncope à son retour en surface, faisant le bouchon flottant sur le ventre, tête immergée à défaut d’assistance pour lui maintenir hors de l’eau le temps qu’elle reprenne conscience après quelques stimulations. Il est des cas où la victime, regard vide, est plutôt prise de convulsions incontrôlables pendant quel­ques secondes, s’apparentant à une danse (d’où le nom de samba) qui entraine, là aussi, la noyade sans assistance. D’où l’importance du maintien de surveillance rapprochée pendant au moins trente secondes lorsque l’apnéiste sort de l’eau, même si ce dernier semble parfaitement conscient.

Prévention :  hyperventiler
sans forcer l’expiration

Il est prudent de limiter l’hyperventilation à trois ou quatre mouvements respiratoires très amples, lents et, surtout, sans jamais forcer l’expiration afin de ne pas vider l’air vicié résiduel se trouvant dans le volume pulmonaire, car sinon danger! en réussissant à reculer ainsi l’envie de respirer pendant l’apnée, et davantage en ayant développé avec l’entrainement une plus grande tolérance à la soif d’air (au CO2). Il est également important de bien gérer son apnée, sans devoir accélérer sa vitesse de remontée par la soif d’air qui majore le risque de syncope au voisinage de la surface par l’effort de palmage qui aggrave la chute de PaO2.

LE DANGER

de l’hyperventilation


Le danger d’une hyperventilation pour augmenter la durée de l’apnée est qu’elle abaisse la pression artérielle de CO2 (38 à 42mmHg12mmHg après 5min d’hyperventilation) qui retarde la stimulation des cen­tres respiratoires pour la reprise de la ventilation, mais sans augmenter, pour ainsi dire, la réserve d’oxygène. Son transporteur sanguin, l’hémoglobine, étant déjà proche du seuil de tropplein d’oxygène en temps normal (saturé à 98%), on comprend que l’hyperventilation, sans pouvoir vraiment l’augmenter, n’a que peu d’incidence sur le stock d’O2 de l’organisme.

Exclure l’hyperextension brutale de la tête (penchée en arrière) pour regarder la surface durant la remontée, en raison, là aussi, du risque de syncope: la sinocarotidien­ne par stimulation du sinus carotidien (récepteur de ten­sion /pression sanguine dans les artères carotides) qui entraine un ralentissement réflexe du rythme cardiaque (bradycardie) et une chute de tension artérielle responsables de la chute du débit sanguin cérébral qui déclenche la syncope. Il est donc important de regarder toujours devant soi à la remontée, aussi pour des raisons d’hydrodynamisme (la résistance à l’avancement dans l’eau) de façon à réduire le cout énergétique de palmage de remontée stimulant l’envie de respirer.

Sans oublier la précaution de ne jamais s’entrainer seul à l’apnée. La prudence exige un accompagnant restant en surface sans perdre de vue son camarade afin d’intervenir aussitôt les signes de la syncope (absence de mouvements et lâché de bulles) pour le remonter dans l’urgence. Aussi pour sa sécurité à son retour en surface en discutant avec lui pour s’assurer que tout va bien durant le seuil critique des trente premières secondes, le signe OK n’étant pas suffisant, car pour ainsi dire réflexe

F.RENÉ

  • Article mis à jour le 09/12/2017
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