La plongée remède contre le stress post-traumatique

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Stress post-traumatique

L’espoir de guérison grâce à la plongée

En France, près de 10% de la population souffrirait d’un syndrome de stress post traumatique. Plus de la moitié sont des victimes de viol ou d’attentat. Mais cela touche aussi des victimes ou des témoins d’accident de la route ou de catastrophe naturelle. Les militaires sont particulièrement touchés. Plus de 12% d’en­tre eux en souffrent au retour de mission en Afghanistan, au Mali ou en Centrafrique où ils ont été exposés à un événement traumatisant. Parfois de manière différée, plusieurs mois après… Et si la plongée permettait de lutter contre les sé­quelles? Une étude clinique baptisée DivHope qui a été menée auprès de dixsept rescapés des attentats de novembre 2015 à Paris (le Bataclan et les terras­ses du 11e arrondissement) semble le démontrer. L’étude qui s’est déroulée pendant douze jours dans la réserve Cousteau à Bouillante (Guadeloupe), en novembre 2017, s’est inscrite dans la continuité de l’étude DivStress, réalisée avec l’UCPA à Marseille en 2015, qui avait permis de démontrer les bienfaits de la plongée face au stress ; qu’elle régule l’humeur et l’anxiété des personnes soumises au stress du monde du travail, et dont les effets restent bénéfiques un mois et demi à deux mois après un break plongée et le retour au travail.

Le décor de la réserve Cousteau n’a pas été choisi au hasard pour la découverte de la plongée dans le cadre de cette étude: une eau peu profonde et chaude pour réduire les répercussions négatives de l’appréhension des dixsept rescapés qui ont dû accepter une part de hasard dans l’expérience de la plongée, un tirage au sort, pendant que les autres volontaires ont suivi un programme multisport (scooter des mer, équitation, canyoning, rando aquatique, kayak, paddle, bouée tractée, parcours accrobranche, randonnée sur la Soufrière, etc.) afin de pouvoir comparer les résultats.

Pour cette étude soutenue par l’association de victimes des attentats Life for Paris, et financée par la Fondation d’aide aux victimes du terrorisme (FAVT), à hauteur de 150000, Frédéric Bénéton, consultant en sciences de la vie, a rassemblé autour de lui des spécialistes des troubles de stress posttraumatique, de la sophrologie et de la plongée, dont Marion Trousselard, médecinchercheur à l’Institut de recherches biomédicales des armées (IRBA), Lionel Gibert, psychiatre à l’hôpital Paul Brousse (Villejuif), et Mathieu Coulange, chef du service de Médecine hyperbare de l’hôpital SteMarguerite (Marseille) et l’un des plus grands spécialistes français de la plongée, pilier du projet DivHope.

Plongée “méditative” pour lutter
contre les reviviscences du trauma

Avec Vincent Meurice, moniteur de plongée BEES2 /DES et sophrologue, et une équipe de moniteurs spécifiquement formés, ils ont défini un protocole de plongée en quelque sorte thérapeutique, dénommé Bathysmed, avec techniques de respiration et de relaxation sous l’eau visant à atténuer le stress, maitriser les émotions, retrouver une certaine sérénité. Les premiers résultats sont probants: les bénéfices comme la diminution du stress, de l’angoisse, la qualité de sommeil, la restauration d’une confiance en soi… étaient incontestables au sortir de ces plongées. Mais leur durabilité reste à évaluer –grâce à des questionnaires psychométriques pendant plusieurs mois et à l’issue d’un séjour de plongée thérapeutique dans un milieu naturel moins favorable que les Antilles, comme ça été testé à Marseille (UCPA Niolon) en juin 2018 avec un autre groupe témoin DivHope.

Comme les résultats, qui restent tout aussi bénéfiques pendant plusieurs mois, s’atténuent ensuite, il s’agit maintenant d’imaginer des plongées de consolidation à visée thérapeutique à prévoir, quelques mois après, en mer ou en fosse avec un moniteur spécialement formé, breveté Bathysmed (voir encadré), pour le maintien de l’apaisement jusqu’à guérison.

Une étude similaire avec douze blessés miliaires en état de stress post traumatique, dénommée CogniDive, s’est déroulée pendant une dizaine de jours à Malte en septembre 2018. Menée par le service de neurophysiologie du stress de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), avec deux psychiatres parisiens (Lionel Gibert de l’hôpital Paul Brousse, et Claire Granier du groupe hospitalier Paul Guiraud) et l’équipe de médecine hyperbare sous la houlette de Mathieu Coulange, elle a eu pour but de mesurer les bénéfices du protocole Bathysmed sur les fonctions cognitives, la qualité de vie et la capacité de réinsertion de militaires blessés.

Il faudra néanmoins attendre l’analyse de l’ensemble des mesures pour en tirer toutes les conclusions. Si les résultats attendus se confirment, cette pratique de la plongée méditative s’inscrira comme une technique de prise en charge complémentaire de l’arsenal thérapeutique insuffisant aujourd’hui pour la reconstruction des victimes de stress post traumatique. Elle pourra être mise en œuvre non seulement au profit de la population générale, mais également dans les populations à risques exposées à des stress intenses (militaires, pompiers…), voire traumatiques.

Premières formations
de moniteur Bathysmed


Depuis 2019, la formation de moniteur Bathysmed 1er ou 2e degré (BTY1 ou 2) est lancée en Guadeloupe et en métropole pour permettre la prise en charge du stress posttraumatique, ainsi que des personnes souffrant de dépression ou d’épuisement professionnel (burn out), par la sophrologie subaquatique et la méditation de pleine conscience. Elle s’adres­se aux moniteurs E3, et se déroule sur 2 5jours pour devenir BTY2, sinon qu’une semaine pour BTY1.

Renseignements
bathysmed@gmail.com

F.RENÉ

  • Article mis à jour le 24/11/2019
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  • La plongée remède contre le stress post-traumatique
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  • Vos appréciations 
  • Une pathologie très invalidante

    Après la situation extrême vécue, la personne peut développer une multitude de symptômes associés à un stress posttraumatique. Troubles de concentration, angoisse, dépression, crises de larmes et flashbacks ont un impact très lourd sur la santé mentale et physique (maux de tête, diabète, hypertension, douleurs musculaires…) des personnes. Elles se replient sur ellesmêmes, s’isolent et font semblant que tout va bien pour éviter les pensées ou les conversations associées au traumatisme, ne supportent pas le bruit, souffrent d’insomnies, cauchemardent, sont incapables d’éprouver des sentiments de tendresse, s’énervent pour un rien et sursautent au moindre bruit (le claquement de porte, la sonnerie de téléphone…), car en permanence sur le quivive –hypervigilants se sentant continuellement en danger.
    Aucun apaisement ne vient cicatriser les blessures psychiques qui restent vives plusieurs années après (l’auteur peut témoigner, NDLR), perturbent la vie sociale, familiale et professionnelle, et qui peuvent conduire à des addictions (l’alcool), voire au suicide. Oublier, ça non! impossible… Mais que ces souvenirs ne viennent plus hanter la personne aussitôt qu’un lien les rappelle, et les rendre supportables, oui c’est aujourd’hui possible grâce aux nouvelles thérapies qui se développent comme l’EMDR, la méditation transcendantale et peutêtre aussi bientôt la plongée améliorée (encadrée par des sophrologues certifiés) si les résultats attendus se confirment. Elles viennent suppléer les insuffisances de l’arsenal thérapeutique existant, médicamenteux et psychothérapique, qui se révèle inefficace dans 30% des cas, sans compter le risque élevé de rechute estimé à 40% dans l’année qui suit l’arrêt du traitement antidépresseur sur une durée de 6mois et un an minimum.
    Ce qui rend compliqué l’accès à la psychothérapie, c’est la difficulté d’en parler par crainte de ne pas être compris, voire de ne pas être cru. L’EMDR est une technique de désensibilisation et de retraitement par les mouvements oculaires alternés avec des sons, pendant que la personne évoque ses souvenirs traumatiques, pour lui permettre de décharger toute sa mémoire émotionnelle. Seuls inconvénients: son cout élevé (non remboursé malgré son efficacité reconnue!) et le manque de praticiens de cette technique contrairement à la sophrologie qui est appelée à se développer sous l’eau pour mieux soulager le stress posttraumatique.


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