Plongée et médicaments, attention !

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Plongée et médicaments

attention! prudence…

Les psychotropes, que les Français consomment massivement, ont des effets secondaires sou­vent méconnus. Les risques sont qu’ils s’avè­rent dangereux avec l’alcool qui les amplifie, en se conjuguant aux perturbations des afférences sensorielles (vestibulaires, visuelles et proprioceptives) induites par la plongée, qui, étant liées, favorisent la narcose bien en deçà du seuil normal d’apparition avec le danger d’épisodes délirants ou d’agitation.

Prudence avec les psychotropes

Les effets des psychotropes sur l’organisme en milieu subaquatique expliquent que ces médicaments constituent une contre-indication temporaire à la plongée, ou tout du moins justifient la limitation de profondeur à 30m à l’air, c’est-àdire hors du champ des effets narcosants de l’azote. Mais prudence cependant, car la consommation d’anxiolytique1 ou d’antidépresseur2 com­porte malgré tout des risques. Cela en raison de leurs effets secondaires dont les victimes n’ont pas conscience. En effet, com­me les myorelaxants (décontractants musculaires) utilisés pour traiter des contractures musculaires douloureuses (Baclofène Zen­tiva®, Lioré­sal®, Sirdalud®, Dantrium®), ces médicaments com­portent des risques en plongée induits par:

Une sensation de fatigue, une difficulté d’attention et de concentration, une confusion et des pertes de mémoire chez certaines personnes sous traitement anxio­lytique;

Une anxiété, une tension nerveuse et une fatigue sous antidépresseur;

Une fatigue, de la somnolence et des vertiges avec les myorelaxants.

Le danger est que leurs effets peuvent perdurer malgré la précaution de sevrage médicamenteux le jour de la plongée. Cela en raison de la demivie de ces médicaments, c’est-àdire le temps mis pour perdre la moitié de leur activité pharmacologique; un temps qui peut être long: entre 12h à plus de 24h , voire plusieurs jours pour certains mé­dicaments.

C’est toute la différence avec les somnifères qui se limitent généralement à 3 ou 5h (Stilnox®, Zolpidem®, Imovane®, Normison®, Rohypnol®, etc.) à l’exception de quelquesuns aux effets un peu plus longs, comme notamment Havlane®, Noctamide®, Mogadon® et Nuctalon®.

Antinaupathiques (mal de mer)

Également prudence avec les antihistaminiques tels que Dramamine®, Marzine®, Nautamine®, Nausicalm®, Mercalm®, etc. utilisés par 33% des plongeurs comme traitement préventif et curatif du mal de mer. Les prises sont à renouveler toutes les 6 à 8h, excepté le patch de scopolamine (Transderm®, Scopoderm®) qui se place derrière l’oreille, qui permet de prolonger dans le temps son efficacité (72h) tout en diminuant ses effets secondaires. Le danger est qu’ils entrainent souvent une baisse de vigilance qui, avec la somnolence, pose un problème sécuritaire en plongée, sans compter les troubles de la mémoire également comme effet secondaire chez certaines personnes. Seule la nouvelle génération d’antinaupathiques, comme Agyrax®, génère moins d’effets indésirables.

Les bêtabloquants contre l’hypertension

Ces médicaments (Avlocardyl®, Seloken®, Kerlone®, Ténormine®, Detensiel®, Sec­tral®, Célectol®, Temerit®, etc.) qui ont la propriété de faire baisser la pression artérielle, en limitant l’action des catécholamines (noradrénaline, adrénaline)3 par blocage de leurs récepteurs β (bêta) au niveau du cœur et des vaisseaux, doivent faire l’objet d’une évaluation ciblée chez les plongeurs. Ceci afin de s’assurer que le traitement est parfaitement toléré sans retentissement périphérique gênant ou dangereux en plongée, tant sur le plan respiratoire, car facteur risque d’hyperréactivité bronchique chez les asthmatiques, que cardiovasculaire avec une tolérance à l’effort pouvant s’altérer sous traitement bêtabloquant. S’ajoute le refroidissement des extrémités par la baisse du débit sanguin qui peut entrainer une réaction douloureuse au froid ressenti aux mains (maladie de Reynaud).

Les effets sont variables selon le choix du médicament (la molécule) et la tolérance des personnes. Compte tenu de ces risques, il revient exclusivement au médecin fédéral de s’assurer que les conditions sont réunies: bonne tolérance respiratoire si besoin vérifiée par un pneumologue, et si le test d’effort sous traitement n’a démontré aucun impact sur la capacité physique (normale pour l’âge) pour autoriser la plongée sous antihypertenseur comme 5,4% des plon­geurs.

Certains antipaludéens

La fréquence des effets secondaires connus avec certains antipaludéens incite à vérifier avec le médecin que celui choisi en présente le moins possible pour la sécurité de la plongée en zone de risque élevé de paludisme. La méfloquine (Lariam®), contreindiquée chez les personnes dépressives ou qui ont eu des troubles psychiatriques par le passé, est fréquemment la cause d’anxiété aigüe, de dépression, d’insomnie, de cauchemars, d’agitation et de confusion mentale, lui valant la plus mauvaise réputation.

Des cas de mise en danger de soimême comme une tentative de suicide ont même été rapportés. C’est la raison pour laquelle ce médicament est le seul à être prescrit au moins dix jours avant le départ pour vérifier qu’il est bien toléré. La chloroquine (Nivaquine®) peut quant à elle provoquer, outre de fréquentes insomnies, une dépression, des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées) et visuels importants (vision floue), rarement des effets psychiatriques (agitation, anxiété, agressivité, troubles du sommeil, confusion, hallucination). Réputée avoir moins d’effets secondaires, la Malarone® (association atovaquoneproguanil) est souvent prescrite en prévention.

F.RENÉ

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1.Anxiolytiques : Lexomil® (demi‑vie d’élimination 20h), Xanax® (12h), Témesta® (12h), Séresta® (8h), Lysanxia® (65h), Nordaz® (65h), Tranxène® (40h), Valium® (32h), Veratran® (4h), etc.

2.Antidépresseurs : Anafranil® (21h), Effexor® (5h), Prozac® (2h à 3j), Déroxat® (24h), Diva­rius® (24h), Floxyfral® (19h), Seroplex® (30h), Seropram® (33h), Zoloft® (26h), etc.

3.Hormones qui dérèglent la tension en accélérant le cœur et contractant les vaisseaux.

  • Article mis à jour le 29/09/2017
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