Oedème pulmonaire ou barotraumatisme ?

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L’œdème pulmonaire

laissant penser à un barotraumatisme

L’œdème pulmonaire d’immersion (OPI) est un accident respiratoire en général bénin qui provoque un bru­tal essoufflement (dyspnée) avec de la toux, à l’exception des représentations parfois plus graves au retour en surface: sensation d’étouffement pouvant aller jusqu’à la perte de connaissance avec risque d’asphyxie mortelle dans les effets secondaires de l’inondation des alvéo­les; une forme de noyade…

Il est beaucoup plus fréquent qu’on ne le pense: il représente 10 à 15% des accidents de plongée traités dans les hôpitaux. Il touche en priorité les plongeurs proche de la cinquantaine ou plus âgés, de sexe féminin, avec un risque accru lorsqu’il existe une cardiopathie sousjacente (hypertension ou une défaillance cardiaque mécon­nue). Mais peut également affecter des personnes jeunes, sans aucun antécédent cardiopulmonaire, com­me le révèlent les statiques de sa survenue en plongée. Tout comme le risque d’œdème en haute altitude (OPHA), le problème est qu’il n’y a aucun moyen d’identifier les personnes réellement susceptibles d’en être frappées en plongée, surtout s’il existe des facteurs favorisants. Des étu­des sont en cours…

ŒDÈME par fragilisation de

la barrière alvéolocapillaire


Les voies aériennes se terminent par de tout petits sacs (les alvéoles) disposés en grappes au niveau du poumon, élastiques grâce à un film liquide tensioactif tapissant leur intérieur: le surfactant. C’est à travers leur paroi très fine (50fois plus mince qu’une feuille de papier) qu’ont lieu les échanges gazeux entre l’air pulmonaire et le sang grâce à leurs pores qui laissent passer les gaz tout en faisant barrière au liquide sanguin car sinon c’est la fuite inondant les alvéoles: l’œdème pulmonaire. C’est ce qui se produit lorsque les contraintes mécaniques de la circulation sanguine dues à l’immersion finissent par dégrader cette bar­rière.

Pourquoi sa survenue en plongée ?

Des cas d’œdème ont également été décrits en apnée et lors de nage intensive, lors d’un triathlon par exemple. Ils sont liés aux con­traintes hémodynamiques (de circulation du sang) auxquelles notre système cardiorespiratoire est soumis en immersion. L’engorgement de la circulation pulmonaire provoqué par l’afflux sanguin (blood shift) vers le thorax à l’immersion fragilise les parois de la fine barrière alvéolocapillaire d’environ 1 µ; une barrière susceptible de rompre (se perméabiliser), entrainant une fuite de plasma (90% d’eau) vers les alvéoles responsable d’une altération des échan­ges gazeux et d’une hypoxie sévère en les inon­dant: l’œdème. C’est un risque, surtout quand s’ajoutent les facteurs augmentant les contraintes hémodynamiques sur la barrière alvéolocapillaire en plongée, comme:

Le froid qui, en stimulant une vasoconstriction cutanée pour réduire la perte de chaleur, augmente l’afflux sanguin vers le thorax et les pressions dans les vaisseaux pulmonaires qui peuvent contribuer à la survenue d’œdème;

L’effort de palmage à contrecourant qui augmente les pressions sanguines par défaut de vasodilatation musculaire, l’accompagnant normalement, qui reste trop limitée en plon­gée;

L’anxiété, le stress en raison des effets cardiovasculaires des catécholami­nes libérées (adrénaline et noradréna­line) qui, en deux ou trois minutes, entrainent une tachycardie, élèvent la tension et donc la pression sanguine sur la barrière alvéolocapillaire;

L’augmentation de la pression d’oxy­gène avec la profondeur connue, tout comme le Nitrox, comme élément déclencheur d’œdème par son action vasoconstrictice puissante et hypertensive qui peut être très délétère sur la barrière alvéolocapillaire.

Que ressent-on ?

Survenant généralement 10 à 20min après le début d’immersion, l’œdème provoque un essoufflement (dyspnée) progressivement croissant, en particulier lors de la remontée, qui peut être facteur de panique entrainant la noyade. Dans les cas les plus sévères (15%), le risque est la perte de connaissance en surface. Aussi sont dénombrés quelques cas de détresse respiratoire entrainant la mort, sans aucun antécédent cardiovasculaire, et aux poumons sains.

Ses symptômes accompagnés d’une toux dans 82% des cas, de crachats avec des reflets roses saumonés (hémoptoïques) dans 62%, font craindre aux secours un barotraumatisme: une surpres­sion pulmonaire qui nécessite impérativement l’évacuation vers un centre hyperbare –non aux urgences d’un hôpital en prévention du risque d’embolie (gazeuse) cérébrale qu’elle entraine parfois insidieusement lors­que les troubles respiratoires prédominent les symptômes ini­tiaux: l’épuisement, le mal de tête, le ressenti de picotements, la sensation de brulure, l’engourdissement d’un bras, d’une jambe, les tremblements… Le diagnostic de certitude repose sur le scanner thoracique (TDM) à l’hôpital.

Conduite à tenir

À son retour en surface, il a lieu d’assister le plongeur afin de lui épargner tout effort qui ne ferait qu’amplifier son essoufflement. Ensuite, on le laissera dans la position où il se sent le mieux, c’estàdire assis ou demiassis, mais surtout pas allongé pour l’oxygénothérapie à 15L/min qui conditionnera l’amélioration rapide des signes. Sans oublier de l’envelopper dans la couverture de survie, côté doré à l’extérieur, après lui avoir ôté sa combinaison, afin de le protéger du froid.

Malgré l’évolution habituellement favorable dès lors qu’il n’est plus soumis aux con­traintes cardiorespiratoires de l’im­mersion et mis sous oxygène, il est important qu’il soit évacué vers le service hyperbare (cais­son) d’un hôpital; non par crainte d’un œdème, mais d’un barotraumatisme pulmonaire susceptible de se compliquer, comme dans 18% des cas, d’une aéro-embolie cérébrale (d’un AVC) qui commande un traitement hyperbare d’urgence.

Les conditions de reprise de la plongée après un œdème sont actuellement discutées, car il existe un risque de récidive (15% des cas) qui n’est pas sans danger en plongée, comme le rappelle le cas de ce plongeur de 56ans qui décède des suites d’une récidive de son œdème huit mois après, en 2002 à Brest

F.RENÉ
  • Article mis à jour le 13/02/2018
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    Un commentaire

    1. Sujet sérieux très bien traité

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