La plongée HandiSub et l’encadrement

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La plongée HandiSub

et l’encadrement spécialisé

Les personnes en situation de handicap qui ne peu­vent pas acquérir seules, sans aide matériel ou humain particulier, les aptitudes définies par le Code du sport pour la plongée, ont malgré tout, comme le stipule l’art.A 322‑77, la latitude de pouvoir plonger jus­qu’à 40m à l’air /nitrox et en recycleur, selon l’approbation médicale et leur progression dans le cursus HandiSub®. C’est le médecin fédéral, du sport ou spécialiste qui émettra un avis pour que la personne soit considérée comme un plongeur HandiSub® qui nécessite un encadrement spécifique, même en palanquée mixte avec d’au­tres plongeurs, soit comme un plongeur en mesure de satisfaire aux exigences des brevets du cursus classique avec la possibilité d’autonomie, à l’exemple d’une personne amputée.

Comme l’ont démontré la centaine de plongeurs qui pratiquaient déjà ce sport dans les années 90 au sein de la Fédération handisport (FFH), le recul et l’expérience nous ont montré que l’handicap physique ne pose pas de réels problèmes. Ce sont même des personnes qui ont, de par leur vécu, une capacité beaucoup plus grande à se dépasser dans l’apprentissage de la plongée par rapport à des plongeurs valides. L’attention du moniteur doit être portée sur des éléments plus insidieux tels que la fatigue, ou le froid chez les blessés médullaires, y compris en piscine, et dans le cas des plongeurs souffrant d’une déficience mentale, cognitive ou psychique qui requiè­rent une attention particulière.

Pour faciliter leur accès à la plongée, la FFESSM et les deux fédérations délégataires pour la pratique sportive des personnes en situation de handicap: la FFH (Fédération française handisport) qui rassemble les clubs réservés aux personnes en situation de handicap moteur ou sensoriel (nonvoyant, non entendant), et la FFSA (Fédération française du sport adapté) pour les sportifs handicapés mentaux ou atteints de troubles psychiques, ont signé en 2011 et 2012 un accord au terme duquel il faut que:

Le club handisport soit également affilié à la FFESSM pour le cursus HandiSub®, mais sans obligation de prendre également une licence FFESSM pour ses plongeurs;

Les personnes soient âgées de 14ans au moins. L’âge minimum peut être ramené à 12ans sur demande de l’enfant et de ses parents auprès du président du club avec son avis favorable et du moniteur;

Ces personnes présentent un certificat mé­dical de non-contre-indication à la plongée en situation de handicap établi par un médecin fédéral (FFESSM, FFSA ou FFH), du sport ou spécialiste en médecine physique et de réadaptation (MPR), à l’exception du baptême à moins de 2m pour lequel tout médecin peut être signataire. Ce certificat pourra, selon le degré et la nature du handicap, limiter les plongées en durée et en profondeur, et qu’à une seule par jour;

Les moniteurs de plongée (initiateurs, E2, etc.) soient qualifiés HandiSub® pour les baptêmes, enseigner la plongée à ces personnes, les encadrer en exploration.

Qualification d’Enseignant HandiSub
des moniteurs et de leurs formateurs

Selon un cursus de formation élaboré avec la FFH et FFSA, quatre niveaux de qualification d’Enseignant HandiSub® (EH) sont proposés au sein de la FFESSM:

EH1 pour former et encadrer des plongeurs à handicap modéré. Une qualification délivrée aux initiateurs et moniteur à l’issue d’un stage d’évaluation formative élémentaire sur deux jours, comportant une partie pratique en mer ou en piscine avec un plongeur en situation de handicap modéré. Deuxcent-quarantesept ont été délivrées en 2017. S’ajoute le module complémentaire Handicap mental psychique et cognitif (MPC), en une journée de formation, pour prendre en charge les personnes ayant un handicap mental, psychique ou cognitif, jusqu’à 2m de profondeur. Centhuit encadrants HandiSub® en ont bénéficié en 2017;

EH2 pour les plongeurs à handicap ma­jeur. Cette qualification est délivrée au terme d’une formation complémentaire de cinq jours, majoritairement en milieu naturel, ouverte aux moniteurs minimum E2, pour la connaissance des différents handicaps, étudier les différences entre la situation de handicap modéré et majeur, la nécessité incontournable des adaptations allant jusqu’à la gestion de l’accueil général et de l’adaptation des lieux. Également pour appréhender, en pratique, les spécificités d’encadrement avec des plongeurs en situation de handicap majeur physique, sensoriel, cognitif, psychique ou mental. Trente-huit qualifications EH2 ont été délivrées en 2017;

MFEH1 leurs formateurs, et MFEH2 pour former ces derniers. Ces qualifications sont délivrées aux moniteurs MF1 et MF2 (ou BEES, DEJEPS, DESJEPS) à la suite de leur formation, de la présentation d’un mémoire sur la plongée en situation de handicap, de leur participation à un stage de formation EH2, avec l’enseignement de plusieurs cours pratiques et théoriques, pour la validation de leurs compétences de formateur. Sept moniteurs ont été formés MFEH1 en2017.

Observons qu’aucune déficience motrice, sensorielle, mentale, cognitive, ou psychique ne définit la notion de handicap modéré ou majeur en plongée. Seules l’autonomie et les capacités fonctionnelles du plongeur sont évaluées, comme remettre seul son détendeur en bouche, passer ses oreilles, comprendre les signes et y répondre. Ainsi, un HandiSub® qui peut simultanément équilibrer ses oreilles et gérer sa stabilisation est considéré comme n’ayant qu’un handicap modéré, même si son capelage /décapelage à la surface de l’eau peut nécessiter une aide totale. Également dans le cas d’un plongeur atteint de cécité complète.

Cette classification des plongeurs en situation de handicap modéré ou non répond aux exigences d’assistance des personnes très dépendantes qui requièrent les compétences d’un encadrement spécialisé supérieur (EH2), à la différence des EH1 seulement habilités à encadrer et former des plongeurs à handicap modéré.

La plongée HandiSub® reste aussi dépendante des conditions matérielles, en particulier de l’aménagement des bateaux comprenant une rampe d’accès pour les personnes à mobilité réduite et en fauteuil, une plateforme arrière avec un ascenseur pour faciliter leurs mises à l’eau /remontées à bord, ou une potence comme le lèvepersonne de piscine. S’ajoute l’adaptation en fonction des déficits moteurs comme les gants palmés pour les paraplégiques ou amputés fémoraux, leur permettant de se déplacer malgré l’handicap de palmage.

Quatre niveaux d’aptitude HandiSub :
PESH6, PESH12, PESH20 et PESH40

Suite au baptême, la formation des Plongeurs en situation de handicap (PESH) comporte quatre niveaux de compétence liés à quatre espaces d’évolution: PESH 6 pour les plongeurs limités à 6m de profondeur, com­me le cas des plongeurs en situation de handicap mental, cognitif ou psychique (sous réserve d’autorisation médicale), sinon PESH 12 (12m), PESH 20 (20m) ou PESH 40 (40m). Parmi les prérequis, ils doivent être capables de remonter et se maintenir en surface en gonflant leur gilet, et se déplacer sur le dos avec le bloc sur une distance équivalente à un retour au bateau après une plongée.

Seule la notion d’aide matérielle et /ou humaine possible différencie un PESH d’une aptitude équivalente PE. Cela comprend les aptitudes à évoluer avec d’autres plongeurs en palanquée mixte à 6m, 20m ou 40m, toujours encadré par un EH1 ou EH2 (initiateur, E2 ou MF1 selon la profondeur), et sans jamais entrer dans les paliers ni dépasser 40min d’immersion audelà de 20m.

Au total, quaranteetun plongeurs ont été qualifiés PESH 6 en 2017, dixneuf PESH 12, seize PESH 20, et quatre PESH 40. Ces niveaux sont délivrés par les clubs, sous la responsabilité de leur président ou du gérant, par un moniteur HandiSub® (E3 min. pour les PESH 40, sinon E2) dont le numéro de licence est demandé pour l’enregistrement en ligne sur le site de la fédération (www.ffessm.fr), et l’émission des cartes HandiSub.

Observons que pour l’organisation de ces plongées, il n’est pas nécessaire que le directeur de plongée, E1 en bassin de 6m de profondeur maximum, E3 en milieu na­turel, soit luimême titulaire d’une qualification HandiSub®

F.RENÉ

  • Article mis à jour le 14/10/2018
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  • La plongée HandiSub et l’encadrement
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  • Le cursus FSGT “HANDISUB DIVER”

    Quatre qualifications HandiSub sont prévues dans le cursus FSGT selon la zone d’évolution possible des plongeurs en situation de handicap, et les restrictions médicales:6m pour le Discovery HandiSub Diver, 12m pour l’HD12, 20m pour l’HD20, 40m pour l’HD40. Elles sont délivrées par les encadrants titulaires de la qualification Moniteur HandiSub (E3, E4) ou Animateur HandiSub qui entre dans les prérogatives de l’initiateur (E1) ou de l’aspirant fédéral (E2); qualification qu’ils ont obtenue au terme d’une formation organisée dans leur club, ou d’un stage comptant l’évaluation de leurs connaissances et des plongées de mise en situation, avec le module A (connaissances sur les différents handicaps) du Certificat de qualification handisport (formation de la FFH, d’une durée de 16h) demandé comme prérequis pour les moniteurs.


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