Les impacts corporels de la pression

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Les impacts corporels de la pression

source de barotraumatisme

Aux sinus :  saignement du nez

Par prévention, nous ne plongeons pas enrhumés, car un nez congestionné par le gonflement de ses tissus (inflammation) peut non seulement boucher l’orifice de la trom­pe d’Eustache pour passer nos oreil­les, mais aussi les petits orifices (méats) de communication des sinus avec les fosses nasales pour le passage de l’air et l’évacuation de leur mucosité. Le risque est que l’air dans ces cavités osseuses du crâne ne puisse plus s’équilibrer avec la pression de l’air respiré, entrainant, à la descente, une succion de leur fragile muqueuse soumise à la dépression de l’air à l’intérieur. Ce qui déclenche une violente douleur dans la région du sinus atteint: au niveau du front dans ⅔ des cas, ou à la mâchoire supérieure et s’irradiant jusqu’aux dents qui peuvent laisser penser à un barotraumatisme dentaire, obligeant à interrompre la plongée. Parfois non sans conséquence sur leur muqueuse qui peut se décoller de leur paroi et à se déchirer sous l’effet de succion de l’air, expliquant les traces de saignement de nez quand nous retirons notre masque au sortir de l’eau. Mais rien de grave…

Tout en éprouvant des difficultés à passer nos oreilles, la vive douleur aux sinus à la descente peut également provenir de la stase veineuse (dilatation des veines) qui bouche leurs conduits quand on s’immerge tête en bas (en canard). Ce qui contraint certains plongeurs à devoir s’immerger en phoque pour régler ces problèmes sur les premiers mètres de descente avant de basculer en canard.

Aux dents

La pres­sion de l’air froid inhalé qui écra­se la pulpe (le nerf) d’une dent, à son con­tact dans la cavité d’une carie non traitée, mal obturée (défaut d’étanchéité d’un plombage) ou secondaire (sous l’obtu­ration), provoque toujours le réveil douloureux d’une carie jusqu’alors indolore ou déjà soignée, que seule une remontée de quelques mètres permet de soulager quand la douleur survient à la descente.

Les barodontalgies (douleurs dentaires liées aux variations de pression) peuvent se manifester à la remontée en cas de surpression de l’air (loi de BoyleMariotte oblige) qui a du mal à s’évacuer de la poche où il s’est infiltré sous l’amalgame (plombage) ou la couronne d’une dent non dévitalisée. Avec une telle force parfois, qu’elle peut provoquer leur descellement avec le risque d’avaler et surtout inhaler les débris pouvant mettre en péril la vie de l’intéressé. Raison pour laquelle il est demandé de ne pas plonger avec des pansements ou des ciments de scellement provisoires en bouche. Mais de là à évoquer un danger d’éclatement de la dent, certainement pas: seulement des cas de fractures dentaires chez des plongeurs ayant forcé leur remontée malgré la violente douleur produite par l’expansion de l’air dans une cavité, le plus souvent formée par une carie secondaire, sous un plombage. L’explosion souvent évoquée relève de la pure fiction à l’image que l’on se fait de la surpression pulmonaire: l’éclatement des poumons avec hémorragie mortelle…

Coup de ventouse du

masque sur le visage

Le masque provoque une dépression devant l’œil du style coup de ventouse pour déboucher les WC quand le plongeur débutant, oubliant de souffler un peu dedans au cours de la descente, laisse la pression écraser son masque jusqu’à sa limite d’élasticité; limite audelà de laquelle son volume d’air se trouve mis en dépression avec effet de ventouse: c’est le placage. Son serrage trop important, comme c’est généralement le cas chez le débutant quand le moniteur n’y prête pas attention, aggrave les effets de succion qui restent, heureusement, plus inesthétiques que graves, comme nous le voyons ici, avec comme symptômes:

Des yeux injectés de sang par rupture des capillaires de l’œil sous l’effet de l’aspiration: des yeux tout rouges par les saignements qui se répandent entre le blanc de l’œil et la fine membrane transparente qu’est la conjonctive. Généralement sans séquelles;

Un saignement de nez souvent peu important dû à une rupture des capillaires situés dans la cloison nasale, que l’on arrête en pinçant simplement le nez pendant environ dix minutes;

Des hématomes périorbitaires, en d’au­tres termes l’œil au beurre noir.

Bien que spectaculaires certaines fois, il s’agit en général d’accidents bénins qui guérissent spontanément. Il suffit le plus souvent d’attendre que ça se résorbe, sans collyre.

À l’estomac ou aux intestins

Les éructations en plongée, tout com­me les nausées ou les coliques qui peuvent survenir, n’ont rien de surprenant. Ils sont provoqués, lorsque nous ne les avons pas suffisamment évacués par voie orale ou anale pendant la plongée, par la dilatation à la remontée des gaz intestinaux ou stomacaux produits par la fermentation d’aliments, ou de l’air que nous avons dégluti au cours de la plongée. Ils ne créent aucun dommage tant que la surpression produite, créant une gêne gastrique à la remontée, cède du fait d’être descendu le temps de les évacuer par les flatulences et les rots. Sinon il y a risque, exceptionnel, de rupture gastrique par la dilatation des gaz contenus dans l’estomac au point de rompre (déchirure sur quelques centi­mètres), sous le signe d’une violente douleur abdominale, nécessitant alors une intervention chirurgicale pour suture.

La prévention chez les sujets les plus sensibles repose sur une diététique adaptée: eau plate et éviter des aliments trop acides (orange, kiwis, citron) ou trop gras (fromages gras et fermentés, char­cuteries) ainsi que certains aliments comme le chou, les ognons, les crudités, les céréales, les lentilles, le soja et haricots blancs dont la digestion peut entrainer 1 à 2L /24h de gaz de fermentation, au lieu de 400ml

F.RENÉ
  • Article mis à jour le 23/08/2017
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  • Les impacts corporels de la pression
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  • Peut-on porter des LENTILLES ?

    Bien sûr. Le port de lentilles souples est d’autant plus conseillé qu’elles offrent un meilleur champ de vision que les verres correcteurs incorporés au masque et sans crainte pour le confort en raison de l’atmosphère humide qui règne à l’intérieur du masque. Du fait de leur adhérence à la cornée, il y a peu de risque de perte en cas de contact accidentel avec l’eau. Elle peut seulement entrainer une petite irritation oculaire gênante pour la plongée chez les personnes sensibles au contact des yeux à l’eau chlorée ou salée (piscine, mer) dont leurs lentilles se sont imprégnées car hydrophiles. Tandis que d’autres, comme l’auteur, s’en accommodent aussi bien que s’ils n’en portaient pas pour nager ou faire les vidages de masque yeux ouverts en mer, en lac ou en piscine.

    Les risques d’infection oculaire sont la seule crainte d’exposition des lentilles à l’eau qui, forcément, n’est pas stérile. D’où la sage précaution d’utiliser plutôt des lentilles journalières pour les sports nautiques car étant moins onéreuses en cas de perte, et surtout sans souci de nettoyage et de décontamination en étant normalement renouvelées (jetées) chaque jour, sinon après chaque plongée.


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