La faune marine dont il faut se méfier

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La faune marine

dont il faut se méfier

Bien que l’immense majorité des animaux marins ne soit pas dangereuse pour l’Homme, un certain nombre d’espèces peu­vent provoquer des envenimations parfois graves. Ce sont les mers chaudes qui recèlent les espèces les plus toxiques, comprenant les coraux. Les espèces européennes le sont beaucoup moins, mais fréquemment associées à des malaises et des réactions allergiques. Ces animaux utilisent trois moyens d’envenimation: par contact, par piqure ou par morsure.

Sur notre littoral

Les oursins. Leur piqure est relativement douloureuse, mais sans envenimation. Le principal ris­que est la surinfection à l’origine de suppuration favorisée par la persistance des piquants enchâssés dans le derme, et d’arthrite aux zones exposées (du genou, de la cheville, des doigts) plusieurs heures à quelques mois plus tard. Afin de faciliter le retrait des débris d’épines et d’éviter le risque de surinfection, il est recommandé de désinfecter avec une solution antiseptique (en spray ou Biseptine®, Hexomédine®, Bétadine®) puis d’utiliser un gel anesthésique comme Osmogel® qu’on laissera quel­ques minutes en excès avant d’essayer de les retirer à l’aide d’une pince à écharde ou à épiler. Les fragments profonds sont généralement expulsés quelques jours ou semaines plus tard.

La piqure de vive. Les vives sont des poissons de petite taille qui se nichent dans le sable, ne laissant dépasser que leur tête. Elles peuvent injecter leur venin dans le bras, la jambe ou la main grâce à leurs épines dorsales qui s’hérissent quand nous nous posons malencontreusement dessus lors des exercices dans l’apprentissage de la plongée sur un fond sablonneux. Leur piqure très douloureuse s’irradie dans tout le membre atteint. Elle est si violente qu’elle peut entrainer une syncope, et s’accompagne d’un œdème local important qui dure parfois plusieurs jours. Des symptômes généraux peuvent rapidement apparaître (anxiété, malaise, sueurs, nausée) tandis que son venin neurotoxique peut agir sur le système cardiovasculaire (difficulté à respirer, vertiges, tachycardie…). L’accident peut être grave et provoquer des réactions allergiques de type anaphylactique. Son venin étant thermolabile (inactivable sous l’effet de la chaleur), il est recommandé d’approcher pendant trois minutes le bout incandescent d’une cigarette le plus près possible du (des) point(s) de piqure (1 à 3), en faisant attention à ne pas bruler la peau, pour inactiver le venin avant sa diffusion dans l’organisme. Tout comme le traitement par l’eau chaude additionnée d’un antiseptique comme le Mer­cryl®, l’air chaud d’un sèchecheveu pendant au moins une trentaine de minutes peut aussi faire l’affaire. Ensuite, on désinfectera, et prendra un antalgique (le paracétamol est en général suffisant) pour calmer la douleur résiduelle qui persistera plusieurs heures, parfois plusieurs jours.

La méduse. Sur les côtes françaises, les méduses mauverougeâtre pelagia noc­tiluca sont les plus urticantes. Leurs piqures cons­tituent, après les piqures de vives, la deuxième cause d’envenimation sur la côte atlantique. Leurs tentacules sont tapissées de cellules venimeuses (les cnidocytes) qui renferment de très fins filaments urticants qui se déroulent comme des harpons qui s’accrochent à la peau et relâchent du venin. La symptomatologie des piqures de méduses reste cutanée avec une rougeur (érythème) ou un gonflement de la zone piquée sous forme de cloques, sauf chez les sujets présentant un terrain allergique sévère (d’anaphylaxie) qui entraine la nécessité d’une prise en charge médicale. La sensation de brulure peut être calmée non en appliquant une poche de glace comme on le voit souvent, mais en retirant les filaments sans frotter ni les écraser afin de limiter l’éclatement de leurs cellules urticantes. Pour cela, après un rinçage immédiat et abondant à l’eau de mer, surtout pas à l’eau douce (sauf l’eau chaude qui neutralise le venin), on applique de la mousse à raser (ou à défaut du sable sec) sur la surface piquée, afin de piéger les filaments, que l’on racle ensuite avec une carte de crédit tenue à un angle de 30° en exerçant une légère pression. Ensuite, une douche d’au moins 30min à 45-50°C sur la partie de l’épiderme concernée apaisera la douleur, sachant que la chaleur inactive le venin.

La physalie. C’est un animal flottant en forme de voile, d’où l’origine de son appellation de Galère portugaise, qui mesure 15 à 20cm, dont l’aspect peut faire penser à une méduse. Elle possède des tentacules pouvant atteindre plusieurs mètres de long dont la particularité est de provoquer au contact de la peau des brulures douloureuses en coup de fouet, mais aussi parfois d’autres signes plus graves. Le risque principal reste la noyade consécutive à un malaise général, la douleur syncopale ou au choc anaphylactique (réaction allergique grave) chez un plongeur sensibilisé. Après avoir rincé les blessures à l’eau de mer, la même technique que pour les méduses peut être utilisée pour retirer ses filaments qui continuent à déverser du venin. L’eau chaude ou la chaleur du sèchecheveux peut aussi, dans un second temps, apaiser la douleur, car le venin est dégradé par la chaleur. Le vinaigre, remède de grand-mère, n’est absolument pas recommandé, de même qu’uriner sur la zone piquée, car s’il est vrai que sa chaleur à la propriété de soulager la douleur, l’urine peut en revanche entrainer une sur­infection.

La pastenague. L’aiguillon venimeux porté par la queue de cette raie se redresse perpendiculairement lors de l’attaque et pénètre dans les chairs par un mécanisme de fouettage assuré par de puissants muscles. Mais pas vraiment de risque pour le plongeur, sauf marcher dessus lors d’une mise à l’eau. En général, elle ne perd pas son dard, mais il arrive parfois qu’il se casse et une partie reste fichée dans la chair. Auquel cas, son extraction et le parage de la plaie se font sous anesthésie locale à la Xylocaïne®. Le risque tient plus en la possibilité d’infection que de l’envenimation en elle-même (risque neurologique, cardiovasculaire et de dépression respiratoire) qui reste sans grands effets (paresthésies) à partir du moment où la région piquée a été douchée ou plongée dans une eau à 45-50°C pendant au moins 30min pour inactiver le venin thermolabile et calmer la douleur. Là encore, la désinfection de la plaie est importante avec antibioprophylaxie (de préférence par une βlactamine comme Augmentin®) et la vaccination antitétanique à jour, car risque d’une fistule purulente avec une plage de nécrose les jours suivants.

 

 

 

La Rascasse. Elle est bardée de piquants, d’é­cailles acérées et d’épines. Même si sa piqure n’est pas dangereuse pour l’homme, à la différence de la rascasse volante (Ptérois) dans les récifs coralliens des mers chaudes, elle reste tout de même très douloureuse. Son venin étant thermolabile, c’estàdire qu’il devient inactif à la chaleur, on pourra appliquer un traitement identique à celui préconisé pour la vive.

Les anémones. Aussi jolies soient-elles, certaines anémones de mer n’en sont pas moins dotées de cellules venimeuses (les cnidocytes) urticantes pour l’Homme qui ressent comme une brulure à leur contact. La réaction cutanée dépend de l’espèce incriminée et de la sensibilité individuelle. L’éruption disparait généralement en une à deux semaines. Seules quelques espèces tropicales provoquent de fortes brulures avec risque de choc anaphylactique et cardiovasculaire. On les observe essentiellement dans l’océan Indien et le Pacifique.

En mers chaudes

Le poisson-pierre ou sy-nancée. Ce poisson qui se tapit immobile et bien camouflé dans son environnement, en se recouvrant de sédiment, est le plus venimeux du monde. Il doit son nom au fait qu’on peut le confondre avec une pierre. Heureusement, il n’est absolument pas agressif pour l’Homme. Il ne craint pas les plongeurs et se laisse approcher de très près. Si une piqure survient, unique ou multiple, par la nageoire dorsale hérissée d’épines, son venin thermolabile entraine une douleur particulièrement violente, à type de brulure, qui s’irradie dans tout le membre blessé. Son immersion pendant au moins 30min dans de l’eau chaude (45-50°C) permet de s’en soulager. Elle est très souvent accompagnée de malaise, de trouble digestif, de sueurs, de crampes… tandis qu’un œdème important gagne l’entièreté du mem­bre, comme ici. Des troubles cardiorespiratoires peuvent apparaitre dans les cas les plus graves. Après une désinfection rigoureuse, car risque de surinfection et de tétanos (injection antitétanique en prévention), la thérapeutique associe les traitements antalgiques (morphine, anesthésie locorégionale), antiinflammatoires et antibiotiques par une βlactamine comme Augmentin® de préférence, ou par métronidazole, macrolide, tétracycline selon 
le germe en cause en cas de surinfection. Les complications locales, comme la survenue de nécrose autour du (des) point(s) de piqure, ne sont pas exceptionnelles quelques jours après.

La rascasse volante (le pterois dit poisson-lion). Ses piqu­res, peu profondes (ses épines très souples pénètrent difficilement la peau), surviennent lorsque le plongeur, attiré par sa beauté, essaie de caresser ses épines flexibles. À sa décharge, elle ne prend personne en traitre. La douleur provoquée peut déclencher un malaise. Les signes systémiques secondaires à l’envenimation sont comparables aux poissonspierres: malaise, trouble digestif, sueurs, crampes… Là aussi, le venin est détruit par la chaleur: l’immersion dans l’eau chaude, pendant au moins 30min à une température comprise entre 45 et 50°C, reste le traitement de référence. Elle diminue presque complètement la douleur et limite les effets systémiques de l’envenimation. Elle doit être faite le plus rapidement possible pour être suffisamment efficace, faute de quoi le recours à l’anesthésie locorégionale (ALR) est recommandé en milieu hospitalier, comme pour le poissonpierre. Il faut tenter, tant que faire se peut, d’enlever tous les fragments d’épines insérés dans la plaie qui peuvent majorer le risque d’infection et une mauvaise cicatrisation. La vaccination contre le tétanos doit être vérifiée.

Le corail de feu. Aisément reconnaissables par leur couleur jauneorangé, les coraux de feu sont constitués de milliers de petits polypes vivants. Comme les méduses, ils se servent de leurs dards venimeux (cni­docytes) pour capturer leurs proies. Leur contact aux jambes et bras nus en shorty provoque, en plus des éraillures cutanées classiques, des brulures, démangeaisons et rougeurs (érythème) qui peuvent durer plusieurs jours, une semaine. Une crème antiinflammatoire à base de corticoïdes (bétaméthasone) est couramment prescrite pour s’en soulager. À n’appliquer qu’autour de la peau écorchée que l’on aura préalablement soigneusement nettoyée avec un désinfectant pour enlever les débris de corail impactés dans la peau, car sinon risque de surinfection et de mauvaise cica­trisation.

Blessures coralliennes. En s’y frottant malencontreusement à la malléole, au genou, au bras, etc., de très petits débris calcaires liés au squelette du corail peuvent rester coincés dans les écorchures, augmentant le risque d’infection et gênant la cicatrisation. Nécessite un nettoyage méticuleux à eau oxygénée pour désinfecter et retirer les débris, sinon risque d’évolution rapide vers l’inflammation (œdème, douleur). Puis, application d’une crème antibiotique à la bacitracine, au sulfate de polymyxine et de néomycine pour prévenir (ou traiter) l’infection cutanée causée par des bactéries. La blessure met deux à trois semaines pour cicatriser dans le meilleur des cas.

L’acanthaster. La mangeuse de corail qui prolifère dans les mers tropicales est la seule espèce venimeuse dont la piqure entraine une douleur violente pendant plusieurs heures, des signes locaux inflammatoires, puis parfois des paresthésies du membre. Le traitement consiste en une immersion dans l’eau chaude (le venin étant thermolabile), puis en l’extraction des épines comme les piqures d’oursins.

Le cône. Tous sont venimeux, mais seu­les quelques espèces sont dangereuses pour l’Hom­me, com­me le cône géographe qu’il est parfois difficile d’identifier quand sa coquille est recouverte de dépôts divers, d’algues, ou de substrat. Lorsque nous le manipulons, ce gros gastéropode (jusqu’à 17cm) est capable de projeter hors de sa coquille un appareil venimeux en forme de flèches qui nous pique, via une trompe extensible qui peut se recourber. Il libère un venin mêlant les effets du Fugu (tétrodotoxine: toxine 500fois plus virulente que le cyanure) à ceux du cobra (neurotoxique qui provoque une paralysie des muscles). Il déclenche une violente douleur au point de piqure. Elle est rapidement suivie d’une cyanose et de paresthésies (fourmillements) du mem­bre, avec risque de mort en moins de 2h en cas d’atteindre des muscles respiratoires dans les formes les plus graves associant diplopie (dédoublement de la vision par paralysie des muscles oculaires), troubles de l’élocution et de la déglutition. Leurs victimes doivent être évacuées en urgence vers un centre médical.

Le poulpe à anneaux bleus. Vivant sur les côtes australiennes, en Nouvelle-Guinée et aux iles Salomon, il s’agit de la pieuvre la plus dangereuse du monde, mais pas agressive. Elle envenime le plus souvent les plongeurs qui la manipule émerveillés par sa couleur. Malgré sa petite taille, pas plus grosse qu’un œuf, elle est réputée pour son venin d’origine salivaire extrêmement dangereux, car contenant une neurotoxique aux effets semblables au redoutable curare: elle bloque la transmission neuromusculaire qui entraine une paralysie de la victime. L’inoculation se fait par morsure grâce au puissant bec de perroquet buccal dont elle est armée. Presque indolore, elle est suivie dans les 10min d’une sensation de faiblesse et d’engourdissement avec risque de troubles de l’élocution, de la déglutition, de la vision (diplopie), associés à une gêne respiratoire évoluant vers l’asphyxie par paralysie des muscles respiratoire. Inutile de chauffer l’endroit de la morsure car son venin est thermostable. Nécessite une hospitalisation de toute urgence.

Le ver de feu. Ce tout petit ver possède sur le corps des bouquets de soie cassante lui servant de mécanisme de défense. Leur contact peut provoquer des brulures et une inflammation, calmées par de l’eau chaude ou une crème antihistaminique à base de corticoïdes (Apaisyl®, Onctose®).

La cuboméduse. Cette petite méduse qui vit dans les eaux du littoral australien, dans le Pacique (Thaïlande, Indonésie, Philippines, Malaisie), les Caraïbes et en Floride, est la plus venimeuse du monde. Ses longs filaments armés de petits harpons venimeux (cnidocytes) servent à paralyser les proies. À la fois neurotoxique, cardiotoxique et dermatonécrotique, l’effet est foudroyant sur l’homme (douleurs lombo-sacrées, thoraco-abdominales, cram­pes musculaires et /ou céphalées) 20 à 30min après avoir ressenti une sensation de décharge électrique, avec risque de collapsus cardiovasculaire ou de détresse respiratoire par paralysie musculaire. Le retard dans la réalisation des gestes élémentaires de réanimation explique la mortalité. Le traitement médical doit être rapide. Ses blessures qui ressemblent à des coups de fouet (la peau est brulée, avec des bulles puis une nécrose cutanée) laissent souvent des cicatrices définitives.

Les éponges tropicales. Certaines sont venimeuses. Leur contact avec la peau provoque des démangeaisons, sans signe systémique, parfois des brulures et un œdème qui peu­vent durer plusieurs jours. Pour les calmer, on utilise une crème antihistaminique ou du vinaigre.

Les murènes. Leur bouche est armée de dents en crochet, et leurs morsures entrainent de profondes blessures qui permettent le passage du venin contenu dans la salive. Malgré tout, il n’y a pas de risque d’envenimation chez l’homme, mais des complications immédiates (une plaie déchiquetée, qui saigne longtemps) ou ultérieures en se surinfectant, car ce sont des morsures septiques. La plaie nécessite un nettoyage poussé assorti d’une désinfection soigneuse.

Les hydraires. On les rencontre un peu partout dans le récif, ce sont des colonies ramifiées en forme de plu­me, de buisson. Ils ont aussi tendance à proliférer le long des vieux bouts immergés et amarres qu’il ne faut pas toucher. Les cas d’irritation cutanée se limitent aux personnes à la peau très sensible. Ils sont rapidement régressifs.

Les serpents de mer. Quand un serpent de mer s’approche d’un plongeur, c’est seulement par curiosité; ils ne sont pas agressifs. Même si un serpent mord (ce qui est rare), il n’injecte pas toujours du venin. Sur le moment, difficile de savoir s’il y a eu ou non envenimation, d’autant plus que leur morsure laisse peu de traces (piqures ou griffures). Étant suivi d’un temps de latence de 10min à quelques heures avant que n’apparaissent les premiers symptômes, avec risque de détresse respiratoire rapide ou retardée, il est important que le plongeur qui a été mordu soit conduit à l’hôpital, mis en observation pendant 24heures, même s’il ne présente pas des signes d’envenimation

F.RENÉ
  • Article mis à jour le 27/03/2018
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