Limiter les facteurs de refroidissement

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Limiter les facteurs

de refroidissement en plongée

La déperdition de chaleur est la première source de fatigue du plongeur en réponse à l’augmentation de ses dépenses énergétiques pour maintenir la température du corps à son niveau optimum: 37°C±0,4, tout du moins le noyau central (les organes profonds, le système nerveux), pas la périphérie, surtout l’envelop­pe (la peau) qui se refroidie jusqu’à 28°C±1,2 par contraction de ses vaisseaux (vasoconstric­tion) afin de limiter la déperdition de chaleur. Bien davantage aux pieds et aux mains à quasitempérature de l’eau (moins de 5°C de différence) en raison de leurs anastomoses (shunts) artério­veineuses déviant la circulation sanguine contre le froid.

La thermogénèse pour augmenter la production de chaleur du corps –avec rejet de CO2 lui coute d’autant plus d’énergie, influant sur sa consommation d’air /de gaz, qu’il est mince et grand car ayant une plus grande surface corporelle qui se refroidit. Ce qui fait, avec le choix de la combinaison, toute la différence intraindividuelle d’exposition au froid. Surtout chez les plus jeunes (8-14ans) beaucoup moins proté­gés du froid en raison de leur fine couche adipeuse qui justifie, selon les normes fédérales FFESSM, leur interdiction de plonger dans une eau trop froide (< 12°C),et plus de 25minsi moins de 23°C.

Le contact de l’eau froide
et les mouvements

Le contact (la conduction) de l’eau froide n’est pas la seule cause de refroidissement dont on se protège en portant une combinaison. L’avantage de l’étan­che est sa couche d’air qui nous isole beaucoup mieux que le film d’eau sous la combinaison humide, un peu moins bien si nous la gonflons avec le mélange fond d’une plongée trimix au lieu de l’air six fois plus isolant; d’où la mini bouteille d’air (1L environ) pour son gonflage en plongée mélange. La protection du froid avec l’étanche permet de mieux profiter de la plongée en influant aussi sur notre consommation d’air qui, sinon, augmente pour accroitre l’apport d’oxygène à notre métabolisme de lutte contre le froid: la thermogénèse induite par la sécrétion de certaines hormones. Les frissons, qui sont des contractions musculaires réchauffant le corps, surviennent en dernier recours jusqu’à épuisement de leur source d’énergie en réserve sous forme de glycogène.

Le refroidissement plus important en combinaison humide quand nous palmons plus vite ou à contrecourant est également à prendre en ligne de compte. Il s’explique par les entrées d’eau froide dans la combinaison avec les mouvements qui chassent le film d’eau réchauffé au contact de la peau sous l’habit. C’est ce même phénomène de brassage (con­vection) de la fine couche d’air réchauffé au contact de la peau, ou du néoprène mouillé, qui explique le froid ressenti lorsque, de retour de plongée, nous nous exposons au vent relatif crée par le bateau en déplacement: c’est le refroidissement éolien (le wind chill). D’où l’importance de se mettre à l’abri du vent en pareille situation, ou de porter un coupevent.

Refroidissement par la respiration

À cette déperdition cutanée, s’ajoute le refroidissement produit par la respiration des gaz comprimés refroidis à travers les détendeurs qui fait chuter leur température de 5 à 10°C. Il peut représenter avec la vapeur expirée (= perte de chaleur), qui s’y con­dense, jusqu’à 25% des pertes caloriques totales en plongée à l’air, et même davantage en eau froide. Les pertes respiratoires sont évidemment proportionnelles au rythme respiratoire qui s’accélère sous l’effet du stress, de l’anxiété, de l’angoisse et des efforts de palmage à contrecourant. Elles augmentent en profondeur non pas forcément en raison de la température ambiante qui s’abaisse, mais à cause de l’augmentation de masse volumique, avec la pression, des gaz respirés qui nous refroidissent beaucoup plus au fond que proche de la surface. C’est ainsi qu’audelà de 90m la respiration devient la principale source de refroidissement du plongeur. Un refroidissement aussi majoré par l’hélium des mélanges qui refroidit six fois plus que l’air, mais sans percevoir les effets pour autant, faute de capteurs thermiques profonds, sans frissons ni sensation de froid.

La respiration qui compte pour 80% de la chaleur perdue à 200m justifie le besoin d’humidifier (hygrométrie autour de 60%) et de réchauffer les gaz respiratoires des scaphandriers en travaux sousmarins audelà de 100m, via leur ligne de vie: les tuyaux d’alimentation en gaz et d’eau chaude pour le chauffage de l’étanche, couplés au câble électrique et de communication. Seuls les recycleurs permettent de plonger avec un confort respiratoire inégalé en raison de leurs gaz qui restent chauds et humides, aussi en réaction chimique de la chaux sodée fixant le CO2 qui entraine de la vapeur réchauffant les gaz respirés.

Par écrasement du néoprène
sous l’effet de la pression

Le plongeur en humide ou semi-étanche est moins protégé du froid en profondeur en raison de l’écrasement de sa combinaison sous l’effet de la pression qui réduit l’efficacité de l’isolement en partie due aux bulles d’air que le néoprène renferme. Ce qui fait toute la différence avec la combinaison étan­che en néoprène dont l’écrasement en profondeur est compensé par le rajout d’air grâce à son l’inflateur.

Dès lors que la combinaison se comprime, comme le cas d’une 7mm qui n’a plus que 3mm d’épaisseur à 20m, il n’est pas étonnant d’avoir plus froid au fond; un froid ressenti sans que la température de l’eau y soit forcément pour quelque chose contrairement à ce que l’on pourrait penser, car il y a peu de différence une fois la thermocline franchie en mer.

L’écrasement de la combinaison, conjugué au refroidissement plus important par la respiration au fond, justifie l’intérêt de réduire sa profondeur pour moins subir les effets du froid.

Bien s’alimenter
pour lutter contre le froid

La thermogénèse, qui est le système de régulation thermique de notre organisme, nécessite d’adapter nos apports énergétiques pour reconstituer les réserves en glucides dans nos muscles (le glycogène) qui s’épuisent avec le nombre de calories que l’on brule pour le maintien de notre organisme à une température proche de 37degrés ± 0,4°C. Le repas pris avant la plongée doit faire la part belle aux glucides, en consommant des pâtes, du riz, des céréales, du pain (si possible complet), des lentilles… plutôt que la viande et ses frites ou les matières grasses qui ne sont d’aucun intérêt ici et diminuent les capacités d’effort en endurance. Sans oublier les légumes plutôt cuits pour éviter les ballonnements, les fruits. Il est capital de boire suffisamment d’eau, sodas ou jus de fruits, même sans en ressentir le besoin, après chaque plongée. Il faut environ 1,3L pour corriger l’hypovolémie sanguine consécutive à l’immersion (la diurèse) et au froid qui freine pour ainsi dire l’élimination des gaz résiduels dans l’intervalle entre les plongées; un frein qui est facteur d’ADD en plongée successive à plus de 35m, car majorant les gaz résiduels par rapport à ce qui est pris en compte dans le calcul des paliers.

L’hypoglycémie est toujours un risque chez le plongeur qui épuise ses réserves de glycogène lorsqu’il a froid ou à l’effort de palmage à contrecourant. Un risque favorisé par le besoin ou le défaut de consommer des confiseries ou des barres chocolatées juste avant la plongée, plutôt que des barres énergétiques ou de céréales qui sont tout autant conseillées juste après la plongée pour améliorer (accélérér) la reconstitution des réserves de glycogène entamées par l’effort et le froid, et donc pour la récupération.

Prudence pour réchauffer une victime

Attention! Le réchauffement d’un plongeur dont l’état de conscience commence à s’altérer par le refroidissement subit au cours de sa plongée (grande fatigue, difficulté à parler, lenteur et perte de coordination des mouvements, obnubilation…) doit se faire avec prudence, tout comme les mouvements pour lui ôter sa combinaison mouillée; combinaison qu’il faut lui retirer sans surélever ses bras, car il y a danger d’afflux du sang réfrigéré de leur extrémité vers le cœur qui pourrait lui être tout aussi fatale que le frictionner pour activer le réchauffement (danger d’une fibrillation ventricu­laire). Il convient seulement de le sécher pour stopper l’évaporation qui refroidit, le faire boire, car en état de déshydratation –comme tout plon­geur à la sortie de l’eau qui aggrave l’hypothermie, et de le couvrir chaudement (tête comprise), sinon l’envelopper dans la couverture isothermique obligatoire à bord du bateau. À son retour à terre, une boisson chaude et sucrée lui permettra de se réchauffer avec une bonne douche à température modérée, ou un bain à 42°C max. Surtout pas d’alcool ni de café, car la caféine a un effet vasoconstricteur néfaste au réchauffement

F.RENÉ
  • Article mis à jour le 10/02/2018
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