Exercices d’apnée dans quel but ?

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Exercices d’apnée…
Comment et dans quel intérêt?

La fédération FFESSM a édicté les règles techni­ques propres à l’apnée avec plusieurs niveaux d’encadrement, de l’Initiateur-Entraineur IE1&2 au monitorat MEF1&2. Depuis 2006, tous les cadres de plongée, sauf les Niv.4-Guides de palanquée, sont reconnus par équivalence com­me Initiateur-Entraineur de niveau1 (IE1), ce qui leur permet d’encadrer un groupe de huit apnéistes maximum pour l’apnée jusqu’à 6m de profondeur, et d’enseigner l’apnée au public débutant pour la délivrance du Pass’ Apnéiste /Plongeur Libre, en quatre séan­ces maximum, et pour la validation des compétences de l’Apné­iste piscine (cf.encadré). Mais à condition, en raison de certains gestes de secourisme spécifique à l’apnée, d’être titulaire du RIFAA (Réaction et Intervention Face à un Accident d’Apnée) comme il est souligné dans le Manuel de formation apnée pour l’exercice de ces prérogatives dans les clubs fédéraux.

Les 1ers niveaux d’apnée


En termes de repères techniques, l’objectif du Pass’Apnéniste (en piscine) est de parvenir à réaliser au moins une apnée statique d’une minute et une apnée dynamique de 25m. Pour le Pass’Plongeur Libre (en milieu naturel), une apnée statique d’une minute, une dynamique de 15m et une à au moins 2m de profondeur.

L’Apnéiste piscine (CMASIndoorFreediver*) doit faire 2min d’apnée statique, 50m en dynamique et une série d’apnées 425m avec départ toutes les 1'15”. Ce brevet permet de pratiquer en autonomie (en binôme à minima), si titulaire du RIFAA, dans une piscine jusqu’à 6m de profondeur.

L’Apnéiste en Eau libre (CMASOutdoorFreediver*) doit réaliser une apnée statique d’1'30”, une dynamique de 25m, et une apnée à 10m pour son brevet.

Dans les cursus de formation bouteille, les com­pétences à acquérir en apnée sont bien définies par niveau pour faire face à des situations où des apnées sont nécessaires comme le lâcher-reprise d’embout, et pour parer à un incident tel que la panne d’air pouvant obliger un court déplacement en apnée inspiratoire /expiratoire pour aller chercher de l’air auprès d’un coéquipier. Aussi, avec pour objectif la réussite des épreuves d’apnée à 5m pour la délivrance du Niv.3 ou du PA 40, à 10m aux examens Niv.4, à 15m aux MF2, et de sauvetage mannequin qui demande le maintien d’une apnée après 100m (initia­teur /Niv.4) ou 200m (MF2) de nage PMT chro­nométrée. Ainsi, tout moniteur de plon­gée, initiateur compris, est aussi amené dans l’exercice de ses prérogative à enseigner l’apnée aux plongeurs dans les limites et conditions définies dans le Manuel de formation technique (MFT). Tout comme le Niv.4 sur décision du responsable technique, il est également reconnu pour exercer la fonction de Guide de randonnée pour faire découvrir l’environnement subaquatique proche de la surface, avec éventuellement des apnées courtes et peu profondes, à un groupe de randonneurs (8 maximum) munis de Palmes, Masque et Tuba (PMT).

Compétences à développer
pour l’exercice de ces prérogatives

Mais enseigner l’apnée ne s’improvise pas. C’est pourquoi il leur est conseillé de suivre une formation visant à développer les compétences nécessaires à l’exercice de ces prérogatives. C’est l’objet des journées apnée que la Commission Apnée au sein des Comités régionaux / CODEP organise à leur intention avec délivrance du RIFAAA et de la certification (carte) IE1. Seulement 73 y ont participé en 2017. Ces journées ont pour objectif l’apprentissage des connaissances théoriques et pratiques pour l’enseignement de l’apnée comprenant la sécurité, les techniques d’apnée statique et dynamique qu’ils travaillent en piscine, et le RIFAA. Ceci afin de les aider à concevoir des séances d’apnée et animer une section apnée au sein de leur club.

Pourquoi l’apnée
dans l’apprentissage de la plongée ?

La question de l’apnée en plongée bouteille ne se pose qu’en vue de la sécurité face à des situations comme la panne d’air (le temps de récupérer de l’air), le partage d’embout (l’RA2) en palliatif de l’octopus comme source d’air de secours qui n’est pas obligatoire en plongée encadrée jusqu’à 20m (art.A 322‑80 du Code du sport), ou le temps de reprise d’embout suite au coup de palme qui nous arrache le masque et détendeur. Les exercices d’apnée ont aussi pour but de repousser le seuil de tolérance à la situation stressante de la panne d’air qui accroit l’envie de respirer en réponse à l’hypercapnie provoquée (augmentation du CO2 sanguin stimulateur de la ventilation). Aussi, ils constituent un prérequis indispensable à l’apprentissage du poumonballast pour vain­cre l’inertie de son action pour se stabiliser et freiner sa remontée /des­cente, obligeant à prolon­ger l’expiration /inspiration pour les résultats escomptés.

Les exercices d’apnée chez les débutants visent également à surmonter leur stress d’immersion qui les oblige à se surlester d’environ 2kg (chez l’adul­te de taille mo­yenne) pour con­trer leur flottabilité avec l’augmentation du volume d’air résiduel pulmonaire à cause de leur respiration rapide et incomplète dans le stress (inspiration /expiration insuffisante); une respiration qui a aussi pour con­séquence de rendre plus difficile le contrôle de la remontée, de la stabilisation, et d’augmenter le risque d’essoufflement au moindre effort de palmage ou dans le stress d’un exercice. Elle s’améliore avec la pratique, certes, mais beaucoup mieux avec l’apnée en comptant sur des exercices d’immersion en pho­que afin de les con­traindre à forcer l’expiration et à maintenir l’apnée sur les courts déplacements à réaliser une fois arrivé au fond à 3 ou 4m. Aussi, en les obligeant à s’alléger petit à petit pour la plongée, par paliers de 500g de plomb sur leur ceinture, pour ne plus jouer sans cesse avec la ‘stab’ (le gilet stabilisateur) plutôt que de se servir du poumonballast pour gérer leur flottabilité, parce que trop lourds.

Encore trop souvent négligée!

En formation initiale, on ne serait trop souligner l’importance d’alterner les séances de plongée avec des excercices d’apnée à faible profondeur (3m) pour une meilleure maitrise de la ventilation /flottabilité en plongée, et le maintien d’une apnée suffisante en cas d’incident tel que la panne d’air ou la perte du détendeur suite à un coup de palme. Elle est trop souvent négligée car considérée comme secondaire, ou encore sans travailler l’apnée expiratoire avec immersion en phoque (la coulée expiratoire) car estimée sans intérêt, inutile ou absurde, ni l’apnée hypercapnique pour une meilleure tolérance à l’augmentation du CO2 métabolique dans le stress de la panne d’air, ou à l’épreuve de sauvetage mannequin (l’apnée pour le chercher après la nage chro­nométrée).

Cette négligence est responsable des plongeurs qui gonflent /dégonflent intempestivement leur ‘stab’ pour faire varier leur niveau d’immersion, faute de maîtrise du poumonballast ou parce que trop lourds (surlestés) pour y arriver. Ce qui augmente leur consommation d’air. Aussi en raison du gilet trop gonflé des plongeurs surlestés qui freine et augmente leurs efforts pour avancer. C’est lié à la force de traînée hydrodynamique qui augmente avec le volume et tout ce qui pendouille négligemment dans la panoplie d’accessoires fièrement arborés, aussi faute de préserver l’équilibre horizontal pour réduire les résistances/freins à l’avancement en raison de la trop lourde ceinture de plombs à leur taille.

Un entraînement spécifique et adapté

Les cours d’apnée aux plongeurs ne doivent surtout pas avoir comme seul objectif le travail d’endurance avec des temps de récupération entre les exercices, car seulement bénéfique aux apnées de plus en plus longues et profondes. La différence en plongée bouteille est de pouvoir gérer une apnée sans délai, dans le stress d’un examen ou de la panne d’air suivie d’un déplacement en apnée expiratoire (car poumons vides dans le cas où la respiration se bloque après une expiration, panne oblige!) pour aller chercher la source d’air.

L’entrainement pour l’épreuve de sauvetage mannequin visant à tenir une apnée après un effort de nage, comme secourir une personne qui se noie, fait toute la différence avec les séances d’entrainement classiques, sans hypercapnie (sans effort préalable, dans un environnement calme et sans stress, et qu’après une longue période de récupération), dont il n’en ressort aucun bénéfice pour tenir les 20s d’ap­née demandés à l’épreuve Niv.4 /E1 pour recher­cher le mannequin sur un fond de 3 à 5m, sans récupérer après 100m de nage PMT chronométrée, ou en apnée beaucoup plus longue au MF2 pour le chercher à 10m après les 200m chro­nométrés.

L’apnée hypercapnique en perfectionnement de l’entrainement préparatoire à la plongée libre à 10m de l’examen Niv.4, et à 15m au MF2, est aussi la garantie de beaucoup mieux tenir ces apnées (comptez 45sec à 10m) dans le stress de l’examen. Ces épreuves sans délai au signal du jury (on prend une profonde inspiration, et c’est parti…) font toute la différence avec l’apnée à 5m suivi d’un déplacement sur une distance de 15m dans le contrôle des aptitudes des plongeurs pour l’obtention du niveau Niv.3 ou du PA 40. Pour le Niv.1, il faut que les plongeurs soient capables de se déplacer, sans difficulté, en apnée inspiratoire puis poumons vides sur une distance de 10m pour simuler les suites d’une panne d’air (cf.le Manuel de formation technique de la FFESSM).

Bases de l’entrainement

Le travail en hypercapnie, toujours après 200 à 300m en nage PMT pour la mise en condition de l’organisme, est basé sur l’enchainement de courtes apnées avec peu de récupération entre chacune d’elles; exercices qui, pour autant, exposent peu au risque de syncope anoxique car basés sur des apnées de courte durée peu con­sommatrices d’oxygène.

Exemple dans un bassin de 25m, répétez de 5 à 10 fois:

Le demi bassin en nage rapide, puis en apnée sur la deuxième moitié, et répétition;

25m en apnée, retour en nage de récupération, et répétition;

25m en apnée, départ toutes les 45".

Des séances auxquelles s’ajoute le travail préparatoire à l’épreuve de sauvetage mannequin. Il s’agira de régler la vitesse de nage afin que celleci ne soit pas trop rapide pour permettre la tenue de l’apnée à l’arrivée, et de progresser dans la capacité à enchainer 3 à 4 fois l’exercice, départ tou­tes les 4min.

Le travail d’apnée expiratoire, fondamental aux plongeurs débutants qui n’expirent pas suffisamment dans le stress, consiste d’abord à leur demander de maintenir une apnée de 10 à 15secs en surface, puis à très faible profondeur, qu’après avoir suffisamment expiré mais pas complètement pour raison de sécurité et pouvoir compenser (Valsalva). Ensuite, de s’immerger en phoque en apnée (les obligeant à souffler…) avec l’objectif de s’accroupir au fond à 3 ou 4m et de remonter aussitôt après. Enfin, une fois arrivé au fond, de se déplacer en maintenant une assiette parfaitement horizontale sur une dizaine de mètres.

L’entrainement à l’apnée expiratoire est un prérequis tout aussi important pour la remontée en expiration, embout en bouche (la REC, non la RSE supprimée des examens), qui se travaille d’une profondeur de 6m pour la délivrance du Niv.1, et de 10m pour le Niv.2, PA 20 et PE 40. La réalisation sans stress avec rejet continu d’air tout au long de la remontée, après une inspiration normale au top départ, et en respectant une vitesse correcte de remontée, est primordiale.

Conditions de pratique en club

L’article A 322‑101 du Code du sport précise que la pratique de l’apnée est soumise aux dispositions de l’art.A 322‑81 et du Ⅰ de l’art.A 322‑78 con­cernant les contraintes de mise à disposition du matériel d’assistance et de secours aux pratiquants sur leur lieu de mise à l’eau ou d’immersion, et d’hygiène du matériel prêté obligeant la désinfection du tuba entre chaque utilisateur. La pratique de l’apnée à faible profondeur, notamment dans le cadre de la randonnée subaquatique, bénéficie d’un cadre règlementaire plus allégé. En particulier, le matériel d’oxygénothérapie n’est pas obligatoire sur le lieu de mise à l’eau ou d’immersion lorsque l’activité se déroule sur un fond qui ne dépasse pas 6m; il est demandé (art.A 322‑101) que les pratiquants aient seulement un plan de secours à leur disposition, ainsi qu’un moyen de communication permettant de prévenir les secours avec les fiches d’évacuation à remplir à leur in­tention.

Dans le cas de la rando  sub (le snorkeling chez les Anglo‑saxons), tout le monde peut pratiquer à des prix abordables, avec un encadrant pour huit personnes, au sein de sites spécialement aménagés pour la découverte de la faune sousmarine: les sentiers sousmarins en zones interdites à la navigation et peu profon­des. Il est important pour ces balades pendant l’été, avec la possibilité d’apnées, de porter un simple Tshirt protégeant des coups de soleil ou, à température d’eau plus fraiche, un top néoprène (une souris) ou un shorty de 2mm. Sans oublier la crème solaire warterproof pour les zones non protégées car, même immergés, nous subissons l’exposition aux UV que l’eau amplifie jusqu’à 25cm de profondeur. De graves brulures au cou majorées par la réverbération ont été observées chez les imprudents

F.RENÉ

  • Article mis à jour le 02/08/2019
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  • Exercices d’apnée dans quel but ?
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  • Vos appréciations 
  • Accident de décompression possible EN APNÉE

    Tout comme les plongeurs, les apnéistes sont sujets à l’accident de décompression mais qu’à expression cérébrale dans leur cas (pas d’atteinte médullaire). Les symptômes ressentis (vertiges, nausées, fourmillements, l’engourdissement ou une faiblesse soudaine d’un bras ou d’une jambe, etc.) caractérisaient les accidents de taravana (littéralement tomber fou) chez les pêcheurs de perles en apnée des iles Tuamotu (Polynésie) jusqu’au démarrage de la perliculture dans les années 60. Ils en étaient victimes en raison de leurs apnées d’1min30s en moyenne qu’ils enchaînaient au rythme de 8 à 10 par heure jusqu’à 30 ou 40m de fond en étant entrainés par un plomb de 5kg relié à leur pirogue, et ce pratiquement un jour sur deux pendant la période de récolte, d’avril à juillet.

    Aujourd’hui, nous avons conscience des risques après 3 à 4h d’entrainement à plus de 30m lorsque l’intervalle des apnées est trop court pour la désaturation en azote qui s’est dissout sous l’effet de la compression de l’air pulmonaire (des poumons) avec la profondeur. L’organisme d’assistance médicale aux plongeurs DAN (Diver alert network) recommande une durée de récupération au moins deux fois plus longue que l’apnée en ellemême, trois fois plus pour les plus profondes.


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    1. Je découvre un ouvrage passionnant

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