Exercices d’apnée dans quel but ?

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Exercices d’apnée…

comment et dans quel intérêt?

La fédération FFESSM a édicté, au sein de la Commission Apnée, les règles techniques propres à l’activité avec plusieurs niveaux d’encadrement, de l’initiateur apnée au monitorat. Par esprit de transversalité intercommissions, tous les cadres de plongée (initiateurs et moniteurs) sont reconnus par équivalence com­me Apnéistes Piscine (CMASIndoor*Freediver) et Initiateur d’apnée niveau1 (IE1). Cela leur permet d’encadrer, de réaliser des séances d’initiation, de découverte de l’apnée jusqu’à 6m de profondeur, et de délivrer les premiers niveaux d’apnée: le Pass’ Apné­iste en Piscine /Eau libre, et le brevet d’Apnéiste Piscine (cf.encadré). Mais sous réserve, en raison de certains gestes de secourisme spécifique à l’apnée, d’être titulaire du RIFAA par décision du Comité directeur national de juin2012, pour l’attribution de la certification (carte IE1) leur permettant d’exercer ces prérogatives dans leurs clubs comme tout moniteur professionnel.

Les 1ers niveaux d’apnée


En termes de repères techniques, l’objectif du Pass’Apnéniste (en piscine) est de parvenir à réaliser au moins une apnée statique d’une minute et une apnée dynamique de 25m. Pour le Pass’Plongeur Libre (en milieu naturel), une apnée statique d’une minute, une apnée dynamique de 15m et une apnée à au moins 2m de profondeur. L’Apnéiste Piscine doit faire 2min d’apnée statique, 50m en dynamique et une série d’apnées 425m départ toutes les 1'15”.

L’Apnéiste en Eau libre (CMASOutdoor*Freediver) doit réaliser une apnée statique de 1'30”, dynamique de 25m, et une apnée à 10m pour son brevet dont la délivrance relève des seules prérogatives de l’encadrant IE2 (a minima) ou d’un moniteur pro. licencié à la FFESSM.

Précisons que sa délivrance n’empiète pas sur les prérogatives des moniteurs /initiateurs pour les exercices d’apnée demandés pour la plongée, en vue de la sécurité, dans les limites et conditions définies dans le Manuel de formation technique (MFT) qui excluent un entrainement exclusivement apnée (séries longues, apnée statique, recherche de performance, etc.). Aussi, la préparation à l’épreuve d’apnée aux examens Niv.4 et MF2 entre dans les prérogatives des moniteurs sans être forcément IE2 pour l’entrainement dans la zone des 15m. Ils sont également reconnus pour exercer, tout comme le Niv.4 et l’initiateur, les fonctions de Guide de randonnée subaquatique: l’en­cadrement d’un groupe de huit personnes maximum pour une découverte guidée de la faune à faible profondeur.

Il leur est toutefois con­seillé de suivre une formation visant à acquérir les compétences nécessaires à l’exercice de ces prérogatives et pour l’enseignement de l’apnée –au titre d’IE1 par équivalence qui ne s’improvise pas. Aussi dans l’intérêt de l’obtention du RIFAA, le brevet de secourisme spécifique à l’apnée. C’est l’objet de la journée de formation passerelle que la commission d’apnée des Comités départementaux (CODEP) organise à leur intention avec délivrance du RIFAA et de la carte d’Initia­teurapnée. Soixantetreize l’ont obtenue en 2017.

Compétences à développer

Ces journées passerelles ont pour objectif l’apprentissage des connaissances théoriques et pratiques pour former les plongeurs à l’apnée comprenant, l’après‑midi en piscine, la sécurité, les techniques d’apnée statiques et dynamiques, et la formation RIFAA. S’ajoutent des compétences pédagogiques et organisationnelles pour être en mesure d’adapter les séances d’apné, en fonction du public et de son besoin, selon qu’il s’agit d’exercices d’apnée pour la plongée bouteille, de l’entrainement préparatoire à l’épreuve de plongée libre et de remontée sans embout (RSE)pour le moment suspendue à l’examen Niv.4 et MF2, pour le sauvetage sans scaphandre (l’épreuve mannequin), ou de la formation visant la délivrance du brevet d’Apné­iste Piscine (CMASIndoor*Freediver). Ce brevet permet de pratiquer l’apnée en piscine, en autonomie entre apnéistes si titulaires du RIFAA, jusqu’à 6m de profondeur.

Pourquoi les exercices d’apnée ?

La question de l’apnée se pose en vue de la sécurité du plongeur face à des situations comme la panne d’air (le temps de récupérer de l’air auprès d’un coéquipier, du guide), le partage d’embout (RA2) sur un rythme de 2 ou 3 cy­cles ventilatoires chacun, en palliatif de l’octopus1 comme source d’air de secours, ou le coup de palme malencontreux qui vous arrache le masque et détendeur, comme cela arrive quelquefois. Les exercices d’apnée ont aussi pour but de repousser le seuil de tolérance à la situation stressante de la panne d’air qui accroit l’envie de respirer en réponse à l’hypercapnie provoquée (accumulation du CO2 dans le sang, stimulateur de la ventilation). Et constituent un prérequis indispensable à l’apprentissage du poumonballast comp­te tenu du temps d’iner­tie pour se stabiliser et freiner sa remontée / des­cente après l’expiration ou l’inspiration tant soit peu prolon­gée.

Pour les plongeurs débutants, les exercices d’ap­née visent également à surmonter le stress d’immersion influant sur leur respiration qui les oblige à se surlester d’environ 2kg (chez l’adul­te de taille mo­yenne) pour con­trer l’augmentation de la flottabilité par le volume d’air rési­duel de leur expiration qu’ils relâchent com­me à l’air libre, au lieu d’être active et un peu plus poussée en plongée; une insuffisance expiratoire qui a aussi pour conséquence de rendre plus difficile le contrôle de la flottabilité, donc de la vitesse de remontée, et d’augmenter le risque d’essoufflement au moin­dre effort de palmage, ou engendré par le stress d’un exer­cice.

Leur respiration s’améliore avec la pratique, certes, mais beaucoup mieux en comptant sur des exercices d’immersion en apnée en pho­que afin de les contraindre à forcer l’expiration, travailler l’apnée expiratoire. Et en se délestant des kilos superflus en plongée, par paliers de 500g, pour ne plus jouer sans cesse avec la ‘stab’ (le gilet stabilisateur) parce que trop lourd pour contrôler normalement la flottabilité et la remontée au poumonballast.

Pour la sécurité et une meilleure
maitrise du poumon-ballast en plongée

Dans le cadre de la formation initiale des plongeurs, on ne serait trop souligner l’importance d’alterner les séances de plongée et d’apnée à faible profondeur (3m) pour une meilleure maitrise de leur ventilation /flottabilité en plongée, et améliorer la sécurité en cas d’incident tel que la panne d’air ou la perte du détendeur suite à un coup de palme. Son importance est cependant souvent négligée, et sans vraiment travailler l’apnée expiratoire –celle qui, pourtant, permet de maitriser sa flottabilité et sa vitesse de remontée! ni la tolérance à l’hypercapnie en vue de tenir une apnée dans le stress de la panne.

Cette négligence est responsable des plongeurs qui gonflent /dégonflent intempestivement leur ‘stab’ à défaut de tenir suffisamment longtemps les temps d’inertie du poumon‑ballast, et qui consomment du coup. Aussi en raison de leur gilet un peu trop gonflé –car surlestés qui majore les efforts pour avancer. Idem pour le capelé. C’est lié à la force de traînée hydrodynamique qui augmente avec le volume et tout ce qui pendouille négligemment dans la panoplie d’accessoires fièrement arborés.

Des plongeurs qui, en outre, sont incapable de maintenir un équilibre horizontal (=trainée de frottement) en raison de leur lourde ceinture de plombs portée à la taille, alors que la poussée d’Archimède du gilet s’exerce au niveau du thorax; lourde ceinture qui favorise les douleurs lombaires.

Les épreuves de plongée libre
et mannequin des futurs encadrants

Pour les futurs encadrants, l’entrainement visant à tenir une apnée après un effort de nage, comme pour secourir une personne qui se noie, fait toute la différence avec les séances classiques d’apnée en durée et en profondeur, mais sans travailler la tolérance à l’hypercapnie induite par l’effort de nage ou le stress.

L’apnée jamais expiratoire (immersion en phoque), sans effort de nage préalable, ni en réduisant les temps de récupération, n’est d’aucun bénéfice pour la préparation à l’épreuve chronométrée du mannequin qui réclame 20s d’apnée après 100m de nage PMT au Niv.4 /E1, ou le temps de le récupérer sur un fond de 10m et le ramener en surface après 200m au MF2.

Les exercices permettant l’amélioration de la tolérance à l’hypercapnie sont aussi préparatoires au stress de l’épreuve de plongée libre à l’examen Niv.4 (10m) et MF2 (15m); épreuve qui oblige à descendre un peu plus profond pour se stabiliser face au jury, lui communiquer son numéro de candidat, répondre au signe OK, avant de remonter avec un tour d’horizon stabilisé dans la zone des 3 à 5m. Dans ces conditions, une apnée correcte, sur un fond de 12m au Niv.4 pour raison de sécurité, dure entre 30 et 45s.

Non une fin en soi…

Ces justifications démontrent que l’apnée chez les plongeurs bouteille n’est pas une fin en soi. Elle se justifie en vue de faire face à une panne d’air dans l’attente d’assistance, des épreuves de certains examens, et pour corriger la respiration trop profonde qui l’oblige à se surlester et à jouer sans cesse avec la ‘stab’ pour se stabiliser et freiner sa remontée parce que trop lourd par le jeu du poumon‑ballast.

Leurs séances d’apnées ne doivent surtout pas avoir comme seul objectif le travail d’endurance avec des temps de préparation suffisants pour éliminer le CO2 de l’apnée précédente, car seulement bénéfique aux apnées de plus en plus longues et profondes. La différence en plongée bouteille est de pouvoir gérer une apnée sans délai, dans une situation de stress comme la panne d’air ou l’examen, et en hypercapnie après un effort.

Bases de l’entrainement

Ces aptitudes requièrent l’entrainement à l’apnée hypercapnique pour augmenter la tolérance de l’organisme au gaz carbonique, issu du métabolisme, qui stimule l’envie de respirer dans le stress de la situation ou l’effort. Le travail, toujours après 200 à 300m en nage PMT pour la mise en condition de l’organisme, est basé sur l’enchainement d’apnées en veillant à réduire, au fil de la progression, les temps de récupération entre chacune d’elles.

Exemple:

4 à 6 30" d’apnée avec 40 puis 30" de récupération;

4 à 10 25m d’apnée /25m de recup. surface active en nage souple de 40 à 30";

4 à 10 1 à 2' d’apnée statique avec 20" de récupération.

Des séances auxquelles s’ajoute le travail préparatoire à l’épreuve du mannequin sur un fond de 10m après 200m de nage PMT chronométrée au MF2, ou qui demande une apnée de 20secs entre 4 et 6m (2 et 6m pour l’initiateur) après 100m chronométrés au Niv.4 /E1, en combinaison avec cagoule obligatoire à température d’eau <18°C. Il s’agira de régler la vitesse de nage afin que celle‑ci ne soit pas trop rapide pour permettre la tenue de l’apnée avec la capacité d’enchainer 3 à 4 fois l’exercice, départ tou­tes les 4min.

Le travail d’apnée expiratoire, fondamental aux plongeurs débutants, consiste d’abord à leur demander de maintenir une apnée de 10 à 15secs en surface puis à à très faible profondeur après une expiration quasi complète2 et rapide. Ensuite, à s’immerger en phoque en apnée avec l’objectif d’aller s’assoir au fond à 3 ou 4m, et remonter aussitôt après.

L’entrainement à l’apnée expiratoire est tout aussi essentiel à l’épreuve de remontée sans embout (RSE)pour le moment suspendue de 25 à 10m au Niv.4 (comptez pas moins de 40secs), et de 35 à 10m au MF2 (plus de 59secs), sans délai de départ au signal du jury. Il consiste tout d’abord à réaliser au sec des expirations continues, bou­che ouverte, pendant au moins 40secs (Niv.4) ou 1min (MF2) pour parvenir à doser l’expiration. Ensuite, la mise en pratique sur des longueurs d’apnée de 25m à faible profondeur que nous devons être capables d’enchaîner ainsi plusieurs fois avec un faible temps de récupération, et sur des remontées en scaphandre afin d’ajouter l’ef­fort de palmage et l’utilisation du gilet à la difficulté de l’exercice.

Conditions de pratique en club

Les conditions d’hygiène et de sécurité définies par le Code du sport (art.A322‑81 et Ⅰ.de l’art. A322‑78) valent également pour la pratique de l’apnée en club, sauf lorsqu’elle se déroule à 6m maximum (art.A322‑101) où il est demandé que les pratiquants aient seulement un plan de secours à leur disposition sur le lieu de mise à l’eau, ainsi qu’un moyen de communication, avec les fiches d’évacuation à remplir à l’intention des secours. C’est le cas la randosub (promenades en pal­mes, avec mas­que et tuba, snorkeling chez les Anglo‑saxons) que les centres de plongée organisent au sein de sites spécialement aménagés en zones interdites à la navigation et peu profondes pour le plaisir de la famille ou entre amis. Des groupes que les Guides de randonnée IE1 encadrent dans une démar­che purement de loisir avec la possibilité d’apnées à faible profondeur pour la découverte de la faune sous-marine.

Bien qu’il semble superflu de porter une combinaison pour ces balades se déroulant en eau chaude, elle apparait malgré tout comme une sage précaution contre les coups de soleil. De graves brulures du cou majorées par la réverbération ont été observées chez les imprudents, car même immergés, nous subissons l’exposition aux UV que l’eau amplifie jusqu’à 25cm de profondeur. La plus simple des protections est un top néoprène ou une souris de petite épaisseur (1 ou 2,5mm), un lycra ou tout simplement un teeshirt. Sans oublier la crème solaire warterproof pour les zones non proté­gées.

F.RENÉ

_________

1.L’octopus est le détenteur de secours que tout plongeur est tenu d’avoir lorsqu’il plonge en autonomie, au‑delà de 20m quand il est encadré. Pas obligatoire pour le Niv.1 (art.A322‑80 du Code du sport).

2.En gardant toujours un peu d’air pour raison de sécurité et pouvoir compenser par Valsalva, sinon impossible.

  • Article mis à jour le 30/05/2018
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  • Les accidents de déco possibles EN APNÉE

    Les apnéistes sont également sujets aux accidents de décompression vasculaires cérébraux (pas d’atteinte médullaire). Avec comme symptômes des vertiges, nausées, paresthésies, faiblesses musculaires ou paralysie, ils caractérisaient les accidents de taravana (littéralement tomber fou) chez les pêcheurs de perles (nacre) des iles Tuamotu (Polynésie) jusqu’au déclin de l’exploitation en apnée avec démarrage de la perliculture dans les années 60. Ils en étaient victimes en raison des effets cumulés de leurs apnées d’1min30s en moyenne pour le ramassage de la nacre perlière qui leur demandait jusqu’à cinquante apnées chaque jour, au rythme de 8 à 10 par heure, jusqu’à 30 ou 40m de fond qu’ils atteignaient en étant entrainé par un plomb de 5kg relié à la pirogue, et ce pratiquement un jour sur deux pendant la période de récolte, d’avril à juillet.

    Aujourd’hui, nous savons que les symptômes apparaissent après 3h30 à 4h d’entrainement apnée à des profondeurs dépassant les 30m lorsque les intervalles de surface sont insuffisamment longs pour la désaturation suffisante des tissus en azote qui s’est dissout sous l’effet de la compression de l’air pulmonaire –la pression qui comprime les poumons à partir de quelques mètres de profondeur. DAN (Diver alert network), l’organisation médicale, de recherche et d’assistance des plongeurs, recommande une durée de récupération entre chaque apnée au moins deux fois plus longue que l’apnée en elle même, trois fois plus pour les plus profondes.


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    1. Je découvre un ouvrage passionnant

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