Intérêt et limites du détecteur de bulles Doppler

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Intérêt et limites
du détecteur de bulles Doppler

La détection des bulles circulantes au Doppler, possible à partir de 40 à 50μm, s’est révélée déterminante pour la révision des tables dans les années 80-90 avec, com­me conséquence, une vitesse de remontée réduite pres­que de moitié afin de limiter leur nombre et leur grossissement à la décompression; ralentissement qui a modifié leurs calculs en raison de l’azote résiduel des graisses (plus de 50% de l’azote dissout dans le corps) qui, en s’éliminant plus lentement (moins) pendant l’allongement de la remontée, majore davantage les paliers des plongées successives.

Appréciation du risque d’ADD
selon le bruit qu’elles génèrent

Si leur détection a contribué à l’amélioration des algorithmes de nos ordinateurs, on peut en revanche s’interroger sur l’utilité des con­trôles 5 à 10min, puis 30 et 60min après la plongée, possibles grâce aux détecteurs aujourd’hui à notre disposition –comme le modèle ici pour, selon leurs promoteurs, l’estimation du risque d’accident de décompression en fonction du niveau de bruit qu’elles génèrent à l’écoute Doppler. Mais l’échelle de tolé­rance de 0 (pas de bulles) à 4 (un bouillonnement sévère couvrant les bruits du cœur), définie par Spencer & Johanson en 1974, apparait toute relative afin d’estimer les risques en sachant que certains plongeurs bullent beaucoup plus que d’autres au sortir d’une même plongée, comme le montre le relevé cidessus, sans forcément encourir plus de risque! L’expérience nous montre, en effet, que le monitoring du niveau de bulles circulantes est insuffisant pour rendre compte des risques encourus par le plongeur, en mettant en évidence qu’un flux important de bulles circulantes au sortir de la plongée, comme cela peut se vérifier, et pendant plusieurs heures, n’est pas forcément facteur d’accidents de décompression. C’est beaucoup plus compliqué…

 

Mieux, la visualisation
par examen echo-doppler

Il faut affiner les échelles de quantification différemment de l’échelle Spencer ou de Kisman-Masurel (KM), plus compliquée, pour vraiment estimer le risque d’accident vasculaire (de bouchons) selon le nombre et la taille des bulles, non pas selon l’appréciation relative du niveau de bruit qu’elles génèrent quand nous les détectons (écoutons) au doppler.


L’examen au moyen d’un échodoppler portable permet de mieux évaluer le stress de la décompression grâce aux outils12 permettant aujourd’hui de mesurer leur quantité à leur passage dans le ventricule droit, com­me on le voit ici. A quoi sert l’examen? À déterminer s’il existe des circonstances favorisantes à leur formation (durée de la plongée, la profondeur, les paliers, l’intervalle de la précédente plongée, la température de l’eau, du courant ou pas, etc.), outre l’importance de la variabilité intra (d’un jour à l’autre) et interindividuelle (l’âge, la taille, le poids, la VO2max), dans le but d’affiner les algorithmes de décompression pour une sécurité accrue

F.RENÉ

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1.P. Germonpré, V. Papadopoulou, W. Hemelryck, G. Obeid, P. Lafère, R-J. Eckersley, M-X. Tang, C. Balestra. The use of portable 2D echocardiography and ‘frame-based’ bubble counting as a tool to evaluate diving decompression stress. Diving and Hyperbaric Medicine 2014.

2.S. Lesley Blogg, M. Gennser, Andreas MØllerlØkken, Alf O Brubakk. Ultrasound detection of vascular decompression bubbles: the influence of new technology and considerations on bubble load. Diving and Hyperbaric Medicine 2014.

  • Article mis à jour le 14/02/2018
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    Un commentaire

    1. Souvenir d’un très talentueux échographiste investigateur au décours des accidents de plongée : les gars, faut tout revoir dans votre théorie ! Il s’amusait a rechercher la moindre bulle traversant le septum dans les 7 secondes comme demandé, mais voyait arriver un torrent à la douzième seconde au décours d’un passage pulmonaire particulièrement permissif ! Ce qui me laisse particulièrement perplexe, c’est la regression souvent rapidement spectaculaire (hélas pas toujours !) des accidents neurologiques lors des surpressions pulmonaires et la persistance, à croire que le lacher de bulles gazeuses est à l’origine des accidents, sans tenir compte des fortes modifications simplement physiques de l’eau + azote + graisse lors des fortes variations de pression. Ce qui ne veut pas dire que la bulle n’est pas un excellent indicateur sans être forcément la seule cause !

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