Le danger des gaz polluants au gonflage

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Les gaz polluants au gonflage

sources d’intoxication

La pollution de l’air de gonflage des bouteilles est sour­ce d’intoxication en plongée du fait de la toxicité des polluants qui s’amplifie avec la profondeur (la pression respirée). C’est le cas du gaz carbonique (CO2) dans l’air respiré qui, avec l’augmentation de sa pression (la profondeur), déclenche de violents maux de tête et l’essoufflement d’aggravation progressive avec risque de perte de connaissance. Il a aussi pour effet d’exacerber ou d’aggraver la narcose par son action vasodilatatrice sur les capillaires cérébraux qui accroit la contamination gazeuse du système nerveux central par l’azote de l’air respiré. S’ajoute le danger d’une intoxication au monoxyde de carbone (CO) associant une fatigue, des maux de tête, vertiges, nausées, bourdonnements d’oreilles et des troubles de la vision. Le risque peut aller jusqu’à la perte de connaissance aux conséquences, là aussi, mortelles en plongée: la noyade sans assistance im­médiate.

Ces intoxications gazeuses peuvent être la con­séquence:

Des émissions de polluants avec la surchauf­fe du compresseur quand les vidanges ne sont pas respectées. Aussi en cas d’insuffisance de niveau d’huile et de pression contrôlée par un manomètre (cf.encadré);

Des cartouches de rechange pour les filtres du compresseur non remplacées malgré leur saturation après un certain nombre d’heures de service, sans respecter leur durée limite d’utilisation (de vie) spécifiée pour chaque compresseur;

D’une pollution au niveau de la prise d’air du compresseur par un feu à proximité, les gaz d’échappement d’un véhicule, ou en cas de pic de pollution signalé sur le dépar­tement.

Peut s’ajouter une pollution par une quelconque huile moteur que l’on serait tenté d’utiliser, car 4 à 6 fois moins chère que les huiles synthétiques ou minérales pour compresseur d’air respirable, sans considérer le danger des vapeurs toxiques d’une huile ordinaire sous l’échauffement normal des moteurs.

COMPRESSEURS NON ENTRENUS

aussi générateurs de gaz toxiques


Les gaz toxiques ne sont pas forcément liés à une pollution de l’air environnant la prise d’air de gonflage. Ils peuvent aussi avoir pour origine la surchauffe du compresseur des suites d’un défaut d’entretien ou d’une défaillance de son système de refroidissement, d’insuffisance ou de pression d’huile, ou des intervalles de vidange jamais respectés. Car la décomposition de l’huile en s’échauffant dégage des gaz toxiques CO et CO2 contre lesquels les filtres ne peuvent pas grandchose (voire pas du tout concernant le monoxyde de carbone sans filtre catalyseur) en se saturant très vite. Lors des contrôles, le club a obligation de présenter le cahier d’entretien consignant les opérations effectuées sur son compresseur (vidanges, changement de filtres, dépoussiérage des échangeurs et radiateurs…) permettant d’établir la conformité de son fonctionnement (art.6 de l’arrêté du 20 novembre 2017). Est également contrôlée la déclaration de sa mise en service avec bouteille(s) tampon(s) auprès de la DREAL via l’outil de télédéclaration “LUNE(art.7 et 9).

Changement régulier des filtres
pour une bonne qualité de l’air

La norme EN12021 (juin 2014) fixe les limites de tolérance, au gonflage des bouteilles de plongée, en aérosol d’huile (0,5mg/m3), en CO2 (500ppm1), en monoxyde de carbone CO (5ppm, non 15ppm maximum comme auparavant), et en vapeur d’eau pour limiter la condensation dans la bouteille et les risques de givrage du détendeur; limites que les compresseurs garantissent au moyen de:

La filtration mécanique entre cha­que étage pour l’élimination des condensats des vapeurs d’huile et d’eau formant des gouttelettes de couleur laiteuse sur la paroi des décanteurs que nous devons purger toutes les 20min (vider de leur liquide) et à chaque arrêt du compresseur, sinon automatiquement par une électrovanne temporisée comme beaucoup de com­presseur aujourd’hui;

La filtration chimique en final par une cartouche filtre à charbon actif et au travers des granules de gel de silice pour absorber les vapeurs résiduelles d’eau et d’huile ainsi que les mauvaises odeurs, plus les granulés de chaux sodée pour fixer le CO2 avec (ou sans) catalyseur COCO2. Le filtre n’est fonctionnel qu’à condition de changer la cartouche qui se sature après un certain nombre d’heures de gonflage. Cela dépend de sa capa­cité qui varie de 150m3 (50 bouteilles de 15L) à plus de 1000m3 selon le compresseur utilisé (CompAir, Paramina, Nar­di, Bauer, L&W, Alkin, Coltri, etc.). Elle coute de 30 à plus de 100 selon le modèle.

La filtration de l’air au gonflage des bouteilles est indispensable pour se prévenir des risques liés aux gaz polluants CO et CO2 qui deviennent toxiques sous l’effet de la profondeur (leurppm au gonflagela pression respirée) audelà de respectivement 50ppm (5Pa, 50μbar) et 10000ppm (10hPa, 10mbar) selon la valeur limite d’exposition fixée par l’arti­cleR4461‑17 du Code du travail (décret n°  2011‑45 du 11jan­vier2011) relatif à la protection des plongeurs et moniteurs professionnels. Ces risques justient le contrôle de la qualité de l’air comprimé (vapeur d’eau, d’huile, CO et CO2), selon les exigences de la norme EN12021, à la mise en service d’un nouveau compresseur, puis au moins une fois par an. Ce contrôle est obligatoire, avec affichage de l’analyse, pour les centres de plongée employant des moniteurs professionnels, que la structure soit associative ou commerciale (article R4461‑23). En général, en respectant les intervalles de changement de filtre, le CO et CO2 s’élève en moyenne à 1ppm et 391ppm, ce qui est conforme au seuil limite d’exposition de la plongée à l’air à 60m (CO = 17ppm, CO2 = 3912737ppm) et aux mélanges à 120m (CO = 113ppm, CO2 = 3915083ppm). Le surfiltre en sortie du compresseur est seulement nécessaire à l’élimination de l’aérosol d’huile résiduelle dans les compléments d’air aux mélanges Trimix /Nitrox que nous confectionnons à la lyre de transfert. Car sinon, tout comme la graisse ordinaire pour lubrifier la robinetterie, son dépôt risque de provoquer un coup de feu particulièrement destructeur (d’inflammation spontanée à plus de 1000°C) en réagissant avec l’oxy­gène au prochain transvasement.

L’air chargé en vapeur d’eau
et givrage des détendeurs

La vapeur d’eau étant sans danger pour l’organisme, les normes de filtration n’exigent pas son élimination à 100% de sorte que l’air contenu dans notre bouteille soit complètement sec. L’assèchement de l’air au gonflage des blocs a d’ailleurs ses limites pour des raisons techniques et de cout. De plus, il doit rester suffisamment humide pour ne pas irriter les voies respiratoires. L’air ambiant a d’ailleurs un taux d’humidité (hygrométrie)2 qui descend rarement audessous de 20%. À l’inverse, l’humidité de l’air avoisine les 80% en zone tropicale.

Les systèmes de filtration (décanteurs + la cartouche filtre à gel de silice pour absorber les vapeurs d’eau résiduelles) garantissent une concentration de vapeur d’eau qui n’excède pas –normalement les 50mg/m3 dans l’air comprimé à 200bar selon la norme EN12021. Sauf qu’en réalité, elle avoisine plutôt les 82mg/m3 en moyenne sur une majorité de compresseurs (59%), selon une étude menée en 2011 par l’INS (Institut national de recherche et de sécurité), en raison de leurs filtres qui se saturent rapidement en eau.

Cette quantité trop importante de vapeur d’eau augmente les risques de condensation qui entraîne une corrosion et expose les plongeurs au givrage de leur détendeur en eau froide (<10°C) lorsque leur respiration s’accélère, sous le coup de l’appréhension ou de l’effort de palmage à contrecourant, en même temps qu’ils gon­flent leur ‘stab’ ou l’étanche qu’ils ont raccordée avec l’octopus au détendeur principal, non au secours sur la double sortie du bloc; un givrage provoqué par la brutale détente de l’air qui refroidit trop la vapeur d’eau (entre 5 et 10°C de moins) au point de geler et de bloquer le mécanisme des détendeurs qui se mettent en débit continu sans que rien ne puisse l’arrêter si ce n’est l’urgence de fermeture du robinet de la bouteille. Les meilleurs détendeurs, du point de vue résistance au givrage, sont ceux à membrane où l’air détendu dans leur chambre moyenne pression se refroidit moins dans l’eau très froide qu’à travers les pièces métalliques des modèles à piston. Pour autant, même si ces détendeurs sont testés jusqu’à 4°C pour leur certification eau froide, conformément à la norme EN250 <10°C, ils ne garantissent pas une protection à 100% contre le givrage. Ça dépend aussi de la qualité de l’air au gonflage des bouteilles et de notre consommation avec la profondeur

F.RENÉ

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1.ppm (partie par million) pour exprimer la con­centration d’un gaz dans un volume à pression atmosphérique. Pour convertir en %, il faut diviser par 10000.

2.Humidité relative à la quantité maximale (100%) qu’un volume d’air peut contenir à une température donnée : 12,8g/m3 à 15°C, 17,3g/m3 à 20°C, 23,0g/m3 à 25°C, 30,4g/m3 à 30°C, etc.

  • Article mis à jour le 24/05/2020
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