Les bends à la décompression

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Les bends à la décompression
et l’ostéonécrose à plus long terme

Au sortir de la plongée, douleurs produites par le coincement de bul­les à l’intérieur d’une articulation siè­gent le plus souvent à l’épaule (80%), sinon, par or­dre décroissant, au genou, au coude, à la hanche, au poignet ou à la cheville. Rarement plusieurs articulations. Les scaphandriers en sont les principales victimes en raison des contraintes biomécaniques de leur travail (de dévasage, décapage, déroctage, soudage, découpage, bétonnage, levage, etc.) qui, par phénomène de tribonucléation des gaz dissous dans le liquide synovial articulaire, génèrent ces bulles coincées dans les articulations jusqu’à redissolution de leurs gaz qui demande beaucoup de temps sans recompression. C’est leur grossissement à la décompression qui, en comprimant les terminaisons nerveuses, explique les douleurs parfois ressenties à la remontée jusqu’à leur paroxysme au sortir de la plongée ou un peu plus tard: généralement dans les 15min (75% des cas), exceptionnellement dans un délai beaucoup plus long (quel­ques heu­res parfois).

Sont également exposés les travailleurs en milieu hyperbare (pressurisé) pour empêcher les éboulements et les infiltrations d’eau lors de forages /percements dans un roche meuble ou aquifère. Trenteetun en ont été victimes entre 2010 et 2011 sur le chantier de la ligneB du métro de Lyon lors du percement du tunnel de 1,4km, dont 300m sous le Rhône, à une pression allant de 1,9 à 4,4bar.

Pourquoi en plongée loisir ?

Si les contraintes biomécaniques expli­quent ces accrochages articulaires chez les scaphandriers, le corps médical s’interroge sur les raisons de leur survenue en plongée loisir (environ 8,5% des accidents) sans qu’aucun effort au niveau de l’articulation incriminée ne se soit révélé chez leurs victimes. Ils exposent plus particulièrement les adeptes des plongées profondes à l’air, successives, dont les profils de décompression sont pourtant respectés, selon le constat des centres hyperbares qui traitent les atteintes ostéoarticulaires des accidents de décompression, plus communément appelées bend.

La victime se plie sous la douleur

La victime se plie –bend en anglais sous la douleur s’irradiant dans la masse musculaire du membre: sensation d’arrachement, de broiement du membre, jusqu’au poignet et le thorax dans le cas de l’épaule; une douleur assez violente qu’aucun antalgique ne réussit à calmer, et qui s’amplifie avec les mouvements. Seul le traitement OHB (oxygénothérapie hyperbare) en caisson d’un hôpital permet de s’en soulager grâce aux effets de la recompression à 2,8ATA (2,8bar) sur les bulles qui se résorbent lors de la séance qui dure 165min. Sinon, en l’absence de traitement, la durée de rémission des douleurs est de deux à trois jours. Non sans risque, dans ces conditions, de récidive d’un bend à la même articulation dans les mois ou les années à venir, et d’évolution vers la mort du tissu osseux (l’ostéonécrose) au niveau de la tête humérale (à l’épaule) ou fémorale (l’articulation de la han­che et du genou) à cause des bulles intravasculaires corrélées à la survenue du bend qui ont endommagé la vas­cularisation intraosseuse, comme cela se produit dans 26% des cas selon une étude rétrospective récente (Gempp et coll.2015).

Avec risque ultérieur d’ostéonécrose

Ces complications osseuses secondaires à la plongée, décrites sous le nom d’ostéonécrose dysbarique (OND), sont également à craindre dans les conditions particulièrement saturantes des plongées à l’air profondes qui exposent plus particulièrement le territoire vasculaire osseux au risque ischémique de la décompression car beaucoup plus long à désaturer que les compartiments tissulaires généralement pris en compte dans le calcul des plongées successives. Aussi avec des facteurs favorisants individuels qu’il convient de mieux identifier comme la surcharge pondérale (IMC>25,5), l’hyperlipidémie (cholestérol et tri­glycérides), le taux élevé de PAI-1, et l’âge supérieur à 40ans.

L’IRM pour un diagnostic précoce

Le développement d’une ostéonécrose avec la plongée reste asymptomatique (sans signe précurseur) et donc souvent non diagnostiquée en l’absence d’imagerie de dépistage, sauf en médecine du travail1, avant que les douleurs ne s’installent. Le diagnostic sera confirmé par une IRM ostéoarticulaire qui est d’ailleurs systématiquement pratiquée un mois après la survenue d’un bend afin de dépister d’éventuelles lésions osseuses ischémiques secondaires qui sont susceptibles de s’aggraver avec la plongée et d’évoluer vers une nécrose osseuse. Le même examen réalisé six mois plus tard vérifie l’absence d’évolutivité

La prothèse de hanche, du genou, ou d’épaule est indiquée dans les formes les plus avancées de la maladie

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1.les plongeurs professionnels ont des radiolographies des grosses articulations (épaules, hanches et genoux) à l’entrée dans la profession puis tous les 4ans..

F.RENÉ

  • Article mis à jour le 08/12/2019
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